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Marie-Ange Admin

   Age : 33 Inscrit le : 04 Déc 2006 Messages : 5925 Localisation : Quelque part entre le sol et le ciel
| Sujet: Re: Hier, nos campagnes Mar 15 Juil - 15:51 | |
| Mais non, il ne faut pas te taire et biensûr que non, tu n'es pas envahissante... c'est très intéressant. J'attends chaque fois la suite, et j'ai déjà une question quand tu arriveras à la fin : "et aujourd'hui, qu'est devenu ce village ?" , mais chaque chose en son temps....
Je suppose que ces recherches sur l'histoire de ton village doit en même temps te faire revenir de nombreux souvenirs de ton enfance, des choses auxquelles tu ne pensais peut-être plus, que tu avais oublié ? _________________ Il y a tant à lire qu'une vie ne me suffira pas... Il y a tant de livres, que j'ai pas assez de place pour tout avoir sniff  |
|  | | Charpentier Hélène
   Age : 62 Inscrit le : 28 Jan 2008 Messages : 120
| Sujet: Re: Hier, nos campagnes Dim 20 Juil - 10:16 | |
| Nous en étions restés à l'arbre de la liberté planté pour le centenaire de la révolution de 1848. La gérante de la succursale des Comptoirs français demande un logement. Son mari a été tué dans un train bombardé. Restée sans ressources avec sa fille, elle a bénéficié de cet emploi. On donne un nouveau nom à la rue où demeurait un enfant du pays , devenu instituteur ,mort à Ellrich en déportation , âgé d'une trentaine d'années seulement. Cette rue porte le nom du défunt et la commune organise une cérémoni avec discours et défilé de la population dirigée par le porte- drapeau. Les viticulteurs décident de créer une coopérative de champagnisation. La commune accorde l'autorisation de creuser la première tranchée pour l'évacuation des eaux.
En 1949, la classe enfantine ouverte en 1936 est fermée. Cette salle de classe devenue vacante permet d'organiser une soirée le 26 novembre dont le bénéfice est versé à la caisse des écoles. Une maîtresse de couture est nommée par l'Inspection académique. C'est une mère célibataire, couturière de son état et sans grandes ressources.( Vers 1954 et 55 j'apprendrai à confectionner un ourlet, une boutonnière, une bride , une reprise et les différents points de broderie. Cela me plaisait. A la maison , ma mère disposait d'une machine à coudre pour poser des pièces de moleskine ou de croisé sur les pantalons usagés de mon père et de mes frères aînés. Pour travailler dans les champs ou dans les vignes c'est ce qui convient.) Il semblerait que la population devienne plus sobre au 14 juillet. Dans les années 25 on prévoyait un feuillette de vin. Dans les années 50 on se contente de 60 litres, soit environ la moitié pour une population qui a retrouvé ses 350 habitants. 1950 est là. La tombe des parents de la généreuse donatrice de la première guerre est toujours entretenue conformément aux volontés de la défunte. ( Elle l'est toujours en cet été 2008 où l'on revoit l'organisation du cimetière.) Le logement de fonction du second poste d'instituteur étant devenu vacant il est loué à un particulier avec l'autorisation de l'Inspection académique ce qui rapporte 8400 F pour l'année. La somme est versée à la caisse des écoles qui de ce fait ne recevra pas la subvention à laquelle elle a droit. ( J'ai revu l'instituteur de la classe unique de cette époque qui m'a expliqué que cette subvention avait servi à réparer le toit du lavoir municipal.Il n'a jamais digéré cette décision car les 8400 F ne suffisaient pas à racheter livres , cahiers et matériel de première nécessité. Il a organisé un spectacle de Noël et fondé une coopérative scolaire pour avoir un peu d'argent et se débrouiller au mieux. En six ans de présence dans la commune il a obtenu 4 premiers du canton au fameux "certif" et j'ai édité un livre reprenant les textes et illustrations du journal scolaire de l'époque 48 à 52. Taper " Riante vallée" sur Google ou encore mon nom - Charpentier-Glavier - et vous devriez trouver la présentation de cet ouvrage. Bénéfices de la vente pour la recherche sur les maladies de la vue.)
Justement en 1951, l'assistance médicale gratuite est accordée à ce jeune aveugle hospitalisé à l'institut des jeunes aveugles de Paris. Un autre enfant né en 1950, bénéficie de cette assistance pour un autre souci de santé. 13 cartes" d'économiquement faibles" sont attribuées pour cette seule année 51. J'en ignore les conditions d'attribution et les avantages offerts. Le conseil veille au curage des fossés et à l'élagage des arbres, accorde un délai mais menace d'une amende les négligents.
Voici 1952. Le boom des naissances de 46 et 47 impose la réouverture de la petite classe. On récompense les lauréats du certificat d'études primaires par un dictionnaire Larousse. ( J'aurai ce dictionnaire en 1958 lors de mon entrée en sixième au cours complémentaire du chef lieu de canton voisin. Nous serons 4 filles à profiter de cette aubaine. Pas de ramassage. Une vieille bicyclette suffit.) Les lauréats du "certif" de tout le canton bénéficient d'un voyage au bord de la mer, à Dieppe ou au Tréport car c'est le point le plus proche par rapport au département de la Marne. La plupart n'ont jamais vu la mer et c'est un événement. ( Ce sera mon cas en 1958 et je m'en souviens comme si c'était hier et d'autant mieux que je découvrais à Dieppe des cousins de la branche maternelle perdus de vue depuis 1931. Gardiens d'un camp de camping aux tentes multicolores et d'un refuge pour animaux au pied de la falaise, ce fut un émerveillement.)
Je donneria 1953 la semaine prochaine. |
|  | | Charpentier Hélène
   Age : 62 Inscrit le : 28 Jan 2008 Messages : 120
| Sujet: Re: Hier, nos campagnes Dim 20 Juil - 11:59 | |
| Petit oubli pour 1949. Le 14 juillet 1949 au soir, un enfant d'une dizaine d'années demande à ses parents la permission de quitter le bal populaire pour rentrer dormir à la maison. Il s'allonge sur son lit tout habillé ayant laissé dans sa poche des pétards et une boîte d'allumettes. Les allumettes s'enflamment .Il est réveillé dans son sommeil par le feu qui embrase ses vêtements et la literie qu'il jette par la fenêtre pour limiter les dégâts en oubliant sa souffrance. Le feu s'éteint sur le trottoir. Il sort de la maison pour aller chercher ses parents mais s'écroule sur le pas de la porte. Ses gémissements intriguent une vieille voisine qui interpelle un jeune homme rentrant du bal. Transporté d'urgence en milieu hospitalier dans un état très grave, brûlé au second et troisième degré, il subira un nombre impressionnant de greffes et rentre au village bien après la rentrée scolaire. Une tante sans enfant l'héberge pour limiter les risques d'imprudence avec ses frères et les camarades qui ne peuvent le voir qu'en étant accompagnés. Des demi-cercles sont disposés sur son lit pour empêcher tout contact des draps sur les plaies. L'instituteur qui a déjà enseigné le braille au petit élève devenu aveugle prouve une fois de plus son amour du métier. Chaque soir il rend visite au grand brûlé et lui fait l'école en lui indiquant les leçons à apprendre et les exercices à effectuer. L'enfant ne redoublera pas et deviendra dessinateur industriel. Malgré les séquelles il aura un fils et ce fils est instituteur ou professeur, je sais pas exactement, heureux papa de jumelles depuis peu. On peut donc s'étonner à juste titre qu'aucune subvention de droit n'ait été accordée en 1950 à la caisse des écoles sous prétexte que l'argent de la location du logement de fonction vacant suffisait aux besoins d'une classe unique, laquelle classe exigeait un travail considérable.( Je sais de quoi je parle pour avoir exercé cette fonction à mes débuts en 67-68.) J'imagine que le conseil était partagé entre deux tendances:" pas la peine de dépenser pour des enfants qui seront vignerons et dont la femme restera au foyer en donnant un coup de main pour certains travaux" selon les uns, et "on n'en connaît jamais trop pour comprendre et ne pas se laisser abuser" selon les autres. Mon père ardent défenseur de cette cause passa longtemps pour un original contestataire. Cet épisode ne figure pas dans les délibérations. Il se peut que les parents volontairement assurés n'aient pas eu besoin de déposer une demande d'assistance médicale gratuite |
|  | | la blonde

 Inscrit le : 13 Déc 2006 Messages : 1458
| Sujet: Re: Hier, nos campagnes Dim 20 Juil - 21:46 | |
| ces parents n'ont peut-être pas osés!!!!!! par honneur ou par fierté, de peur d'afficher leurs besoins!!!! _________________ << Ne prenez pas la vie trop au sérieux, de toute façon vous n'en sortirez pas vivant. >> |
|  | | Marie-Ange Admin

   Age : 33 Inscrit le : 04 Déc 2006 Messages : 5925 Localisation : Quelque part entre le sol et le ciel
| Sujet: Re: Hier, nos campagnes Lun 21 Juil - 10:00 | |
| J'ai remarqué que les plus démunis sont souvent ceux qui se plaingnent le moins et demandent le moins, au contraire, certains ont de gros salaires qu'ils dépensent un peu n'importe comment, sans réfléchir, en faisant des tas de crédits pour un oui ou pour un non et finissent par demander de l'aide parce que même avec leurs revenus ils ne s'en sortent pas. Biensûr, c'est une extrême que je présente. _________________ Il y a tant à lire qu'une vie ne me suffira pas... Il y a tant de livres, que j'ai pas assez de place pour tout avoir sniff  |
|  | | Charpentier Hélène
   Age : 62 Inscrit le : 28 Jan 2008 Messages : 120
| Sujet: Re: Hier, nos campagnes Mar 22 Juil - 18:52 | |
| | Les parents de ce garçon ne vivaient pas dans l'opulence mais étaient sans doute assurés. L'assurance sociale facultative existait déjà depuis plusieurs années. Le père était à l'origine de la coopérative de champagnisation au lendemain de la seconde guerre. Par ailleurs vers 1936 le couple avait perdu une fillette de 9 ans des suites d'une mastoïdite. Sans doute ont-ils compris dès cette époque la nécessité de s'assurer. Ils avaient déjà un garçon et ont voulu une autre fille pour remplacer la disparue. Ils ont eu 4 garçons et en avaient donc 5 au total quand cet accident est arrivé en 1949. |
|  | | Tonax

Inscrit le : 11 Juil 2008 Messages : 117
| Sujet: Re: Hier, nos campagnes Mer 23 Juil - 2:31 | |
| | Très intéressant ton sujet Hélène et très sympa ta façon de procéder. |
|  | | Charpentier Hélène
   Age : 62 Inscrit le : 28 Jan 2008 Messages : 120
| Sujet: Re: Hier, nos campagnes Jeu 31 Juil - 21:06 | |
| | C'était la fête au vllage ce dernier dimanche et la mairie reste fermée le lundi. La fête a beaucoup changé depuis mon mon enfance.La société de musique du village voisin qui a compté jusqu'à 80 éxécutants était demandée partout et donnait des concerts de qualité aux fêtes des différents villages quand j'étais gosse. Son chef, modeste agriculteur, excellent musicien et bon pédagogue a laissé une empreinte durable mais personne n'a vraiment pris la relève . Par ailleurs les sonos tonitruantes ont remplacé les concerts de cette fanfare de qualité et les jeunes se délaçant plus facilement n'acceptent plus la contrainte des répétitions exigeant un effort régulier. Choriste depuis l'âge de 17 ans , avec quelques interruptions, je sais de quoi je parle. Au jourd'hui la fête est remplacée par une brocanteet deux ou tois manèges. J'ai repris ma lecture des délibérations au jourd'hui seulement car la mairie ouvre au public lundi et jeudi après-midi et bientôt vous aurez droit aux années 53 à 56. A bientôt. |
|  | | Marie-Ange Admin

   Age : 33 Inscrit le : 04 Déc 2006 Messages : 5925 Localisation : Quelque part entre le sol et le ciel
| Sujet: Re: Hier, nos campagnes Ven 1 Aoû - 8:17 | |
| J'ai vu un reportage hier sur un petit cinéma dans un village. C'est une petite association de passionnés qui le fait vivre e toffre donc un peu de divertissement dans cette commune où il n'y a pas grand chose. Ton message m'y fait penser... difficile aujourd'hui de faire durer les fêtes de village à l'ancienne, pourtant si sympathiques, mais elles demandent bien plus de temps de préparation que de faire appel à un groupe moderne pour animer, et aux manèges qui rapportent des sous. Les fêtes d'autrefois demandent un engagement et nombreux sont ceux qui ne veulent plus s'engager... d'ailleurs parfois, quand on voit la réaction des gens, cela ne donne pas tellement envi de se donner autant. _________________ Il y a tant à lire qu'une vie ne me suffira pas... Il y a tant de livres, que j'ai pas assez de place pour tout avoir sniff  |
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