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 l'enseignement du français.

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Charpentier Hélène



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MessageSujet: l'enseignement du français.   Mar 8 Juil - 13:58

Je suis en train de lire " Pourquoi veulent-ils tuer le Français ?" de bernard Lecherbonnier publié chez Albin Michel en 2005.

Le pronom "ils" désigne beaucoup de personnes : celles qui imposent leurs directives à coups de réformes et circulaires, celles qui s'y soumettent par passivité, lâcheté ou solution de facilité , celles qui renoncent à la spécificité de notre langue au nom d'intérêts économiques, et toutes celles qui considèrent que l'enseignement de la langue littéraire ne sert strictement à rien et que par ailleurs nos grands auteurs sont réservés à l'élite et surtout pas aux enfants des milieux défavorisés qui n'y comprendraient rien et se sentiraient rejetés. On retrouve la thèse défendue par Jean- Paul Brighelli dans " la fabrique du crétin.", le crétin n'étant pas l'élève mais reprenant plutôt ce "ils" dont je viens de parler, et dans " A bonne école."
On remarquera au passage que les ouvrages réagissant à la lente et progressive détérioration du service public d'éducation expliquant la progression d'officines privées qui deviennent florissantes , ces ouvrages donc se font de plus en plus nombreux et revendiquent un enseignement exigeant , de haut niveau et financièrement accessible à tous.
Dans le même esprit je citerai : " la grande débâcle de l'école." recueil de différents témoignages d'enseignants, lesquels, de l'école primaire à l'université en passant par le conservatoire ,osent réclamer la transmission de connaissances solides, de méthodes de travail rigoureuses et le goût de l'effort régulier.
C'est un peu l'histoire de " La grenouille qui ne savait pas qu'elle était cuite." La température de l'eau monte. Au début c'est agréable. Ensuite ça gêne mais on endure jusqu'au jour où la situation devient franhement pénible et épuisante. Trop tard pour avoir la force de réagir et la grenouille est cuite. Imaginons une autre grenouille qui aurait quitté un certain temps cet environnement et n'aurait pas assisté à cette lente détérioration. Imaginons qu'elle revienne après une assez longue absence. Elle se rendra compte immédiatement de l'ampleur des dégâts.
Eh bien c'est un peu mon histoire. Je suis restée 17 ans documentaliste de lycée puis j'ai repris l'enseignement toujours en lycée. J'avais de bons élèves , de moins bons mais présentant d'autres qualités et tout se passait à peu près bien : des moments d'affrontement, des moments de complicité, des moments de partage. Tout de même quelle surprise de constater que la plupart ignoraient totalement ce que j'avais découvert dans ma petite école primaire de campagne où, par le biais des récitations j'avais appris que Ronsard appartenait au 16° siècle tout comme Du Bellay ,et que Victor Hugo né en 1802 étai décédé en 1885, pour ne citer que ces exemples. Je dis cela parce qu'un jour dans un paquet de copies du bac français, aucune n'avait situé Victor Hugo dans son siècle. Il était présenté comme un philosophe du 18° ou du 20°. Je n'ai pas pensé à me gausser. Nous avons tous des lacunes dans un domaine ou dans un autre et certaines copies manifestaient un solide effort d'analyse et une réelle sensibilité.
Aujourd'hui, je lis Bernard Lecherbonnier et je trouve qu'il réagit avec lucidité et énergie sans chercher à en imposer par ses connaissances. Dans la marmite d'eau chaude de la grenouille, c'est une douche froide qui réveille et stimule.
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Marie-Ange
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MessageSujet: Re: l'enseignement du français.   Mar 8 Juil - 18:33

C'est vrai que la façon d'enseigner a bien changé de génération en génération. Une institutrice de ma connaissance utilise un peu des différentes méthodes, elle prend ce qui lui semble le mieux dans les divers courrants... et comme une nouvelle réforme est en route, il lui faudra encore puiser, bien qu'elle doit normalement se plier aux dernières pratiques en vigueur.
Pour les modifications dans les mots, j'ai regardé l'émission C'est pas sorcier tout à l'heure dont le sujet était justement sur les mots, les mots d'autrefois, les mots d'aujourd'hui, leur origine, les dictionnaires, l'Académie française... il était expliqué comment l'Académie française avait modifié certains mots pour les rendre plus faciles à écrire, en supprimant par exemple les lettres "muettes", ou en en ajoutant, par rapport à leur version latine, pour éviter de confondre (par exemple compte et conte).
Par contre, c'est vrai qu'ils n'ont pas abordé l'extrême dont il est question actuellement.
Il est vrai que l'on a une vu globale des mots et qu'une lettre manquante, échangée, ne gêne pas, mais il y a quand même une limite, je vois en certains endroits où c'est du langage SMS et c'est bien difficile de suivre. Je n'imagine pas des livres ou des lettres de demandes d'emplois en SMS affraid

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Charpentier Hélène



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MessageSujet: Re: l'enseignement du français.   Mer 9 Juil - 7:42

Oui, on a d'abord une vue globale des mots, d'un moteur, d'un paysage et de tout ce qu'on voudra. C'est exactement ce que dit Maurice Mabilon, enfant du peuple, devenu instituteur puis inspecteur primaire âgé de 80 ans et contraint à l'immobilité pour raison de santé. Il explique ensuite qu'il convient d'analyser dans le détail en allant du simple au complexe et que la méthode peut varier d'un maître ou d'une maîtresse à l'autre car ce qui compte, c'est la ferveur que l'on met à la tâche.

Puisque nous sommes au coin bibliothèque, je signale les deux ouvrages de ce brave homme que j'ai préférés : le premier tome de sa trilogie " Soixante années dans les écoles de la République" et " Les gaîtés de l'hôpital" ouvrage drôle et caustique inspiré par ses séjours en milieu hospitalier et qui a rencontré un succès certain dans ce milieu. Le premier volume de la trilogie déborde de fraîcheur et de sensibilité mais se ferme sur les dures images de l'exode de 40. L'enfant n'oubliera pas le visage de cette femme venant d'accoucher , transportée sur une brouette dans les rues d'un village venant d'être bombardé.
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