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 Histoire de mon village

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Charpentier Hélène



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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Dim 25 Mai - 13:03

J'ai entrepris d'établir le bilan de l'évolution de mon village natal au vingtième siècle. J'ai commencé par consulter quelques personnes octogénaires(j'ai 62 ans) pouvant me confier leurs souvenirs et les souvenirs confiés par leurs parents. Je consulte également le registre des délibérations du conseil municipal en commençant par l'année 1900. L'instituteur secrétaire de mairie rédige en respectant la syntaxe, la conjugaison , etl'orthographe. La calligraphie est soignée pour ne pas dire superbe. Nous sommes dans un village du vignoble champenois qui se croyait à l'abri du phylloxéra mais cet insecte qui se nourrit de la sève de la racine du plant français exerce des ravages qui ruinent les vignerons et des familles entières quittent le village pour aller vivre ailleurs . Pour tout arranger, le mildiou, les gelées de mai et la grêle, sans compter les impôts réclamés par un percepteur impoli et manquant "d'urbanité" engendrent "une gêne voisine de la misère." La fraude des négociants allant acheter ailleurs du vin qui sera vendu comme vin de Champagne engendre la colère. En 1911, l'armée enverra 40 000 hommes pour réprimer la révolte. Il y aura des morts. En 1908 on commence à délimiter et à réglementer l'apellation mais je suppose que la guerre va tout mettre entre parenthèses. J'en suis à 1912. Pourtant le conseil municipal se préoccupe de l'assistance médicale gratuite pour les indigents ( pas de sécu, ni de CMU en ce temps là ) et consent à de lourds sacrifices pour entretenir l'école, réparer la toiture, remplacer le" mobilier vermoulu" et demande au département de la Marne une aide pour acheter des cartes murales et un compendium métrique. La demande sera satisfaite d'abord pour l'école de garçons et l'année suivante pour l'école de filles.Une commission scolaire composée de 4 conseillers surveille l'assiduité des écoliers et rappelle les familles à l'ordre pour les absences injustifiées. Les épidémies de coqueluche et les travaux des champs à certaines périodes sont mentionnées pour expliquer les absences. Une seule famille fait l'objet d'un blâme et une seule enfant d'une saleté repoussante préjudiciable pour les autres enfants sera examinée par le médecin inspecteur. Le conseil juge en 1904 que l'installation d'une cabine téléphonique est superflue puisque l'on peut utiliser celle du chef lieu de canton en traversant la Marne sur le bac. A défaut il y a celle d'un autre village voisin qui donne satisfaction. La prochaine fois je vous expliquerai comment on a réussi à combattre le phylloxéra, sans parvenir à l'exterminer. C'est expliqué sur Wikipédia qui ne ne vous dira pas comment on a modifié la culture de la vigne ce qui a entraîné des travaux considérables et coûteux et une modification du paysage.
Quand on voit la prospérité actuelle du vignoble champenois, se replonger dans cette époque constitue un total dépaysement. LN


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Marie-Ange
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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Lun 26 Mai - 6:52

Tu vas écrire un livre suite à tes recherches ? Ou c'est juste un désir personnel que de retracer l'histoire de ton village ? (biensûr rédiger un livre pour faire partager ses découvertes va aussi avec le désir personnel de retracer une histoire).

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Charpentier Hélène



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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Jeu 29 Mai - 7:39

Marie-Ange a écrit:
Tu vas écrire un livre suite à tes recherches ? Ou c'est juste un désir personnel que de retracer l'histoire de ton village ? (biensûr rédiger un livre pour faire partager ses découvertes va aussi avec le désir personnel de retracer une histoire).

Une brochure présentant mes recherches sera remise à la mairie qui jugera du nombre d'exemplaires nécessaire. Le plan est simple:
-un village au travail( les anciens métiers,la coopérative de champagnisation)
- un village se nourrit ( jardin, verger,élevage, conserves, commerçants fixes et ambulants.)
-un village et ses enfants( naissances,écoles,catéchisme, fêtes, récompenses, voyages),
- un village et son passé (traces de l'histoire,archives),
- un village et son quotidien( vie familiale, eau, sanitaires,animaux, savoir-faire local,surnoms)
-aléas et nécessités de la vie ( incendies, épidémies,guerres,comment se soigner...),
-un village et ses distractions (vie culturelle avant la télé, le théâtre,les veillées, les chansons,le bibliobus, l'arrivée de la radio)
- un village au fil changements( fin des colonies, mouvements de population,mécanisation et confort électro-ménager,importance de l'automobile, transformation du paysage par le remembrement et les engins de terrassement.)
Je mets volontairement de côté les querelles de clocher,ayant inspiré Gabriel Chevalier ( un ou deux l ?) pour son célèbre " Clochemerle" lucide, drôle et féroce à la fois se situant dans un autre vignoble de France. Je me contente d'une description se voulant constructive.
J'en suis à 1914. Après 9 ans de réflexion, le conseil est convaincu de l'utilité du téléphone public pour la commune. Il sera installé dans une pièce chez un gérant. De même, la commune a adhéré en 1913 à un syndicat de 56 communes pour installer l'électricité. Mais- et là j'anticipe ayant été informée par les anciens- la guerre arrive et remet tout en question. L'électricité sera installée en 1922 seulement. Les bombardements de 1918 ont anéanti le village. Des maçons de Bretagne et de Creuse viennent travailler à la reconstruction et s'installent en se mariant avec les filles ou les jeunes veuves. Les cimetières militaires du département de la Marne sont nombreux et plus on approche de Verdun plus le souvenir de ce carnage devient envahissant. Là, il vaudrait mieux que je fasse un tour du côté des livres à conseiller car cette période continue d'inspirer les romanciers,les metteurs en scène et les cinéastes.
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Marie-Ange
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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Jeu 29 Mai - 10:29

Un sacré travail de recherche quand même tout cela.
Fort intéressant.
J'attends la suite...

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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Jeu 29 Mai - 15:10

jolie passion!!!
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Charpentier Hélène



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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Dim 1 Juin - 19:52

Marie-Ange a écrit:
Un sacré travail de recherche quand même tout cela.
Fort intéressant.
J'attends la suite...

Me voici en 1919. Les bombardements de juillet 1918 ont anéanti le village. Les vignerons n'ont pu prodiguer aux vignes les traitements réguliers et indispensables et la récolte est perdue. Il n'y a pas de foin pour nourrir le bétail pour l'hiver car tout a été piétiné. En l'absence de récolte,donc de revenus la commune ne peut réclamer des impôts. Il reste 1000 F en caisse et 4000 sont nécessaires aux besoins indispensables. En 1915 une veuve a attribué 30 000 F à la commune pour l'entretien de la tombe de ses parents. La Commune va lui emprunter 3000F à 5%. En attendant et pour réorganiser la vie municipale, le conseil demande à l'Etat un bureau, 10 chaises et un cachet ainsi qu'un appareil de chauffage pour l'école qui se tient sans doute dans un baraquement provisoire vraisemblablement. Le service religieux se tiendra aussi dans un baraquement à la condition que tout le monde soit à l'abri. Ces baraquements se composent de quatre pièces et d'un toit en tôle. Certains sont de simple baraques en bois et d'autres sont en matériau dur.( La plupart des baraques en bois ont eté démolies mais une ou deux subsistent comme remise à bois ou fourre tout. Les barquements en dur ont été soit démolis soit carrément aménagés en logements confortables pour les vendangeurs car le vignoble champenois exige une cueillette à la main.)
Une société de bienfaisance envoie un architecte exposant le projet de reconstruire le village selon les désideratas de la dite société et d'en faire un village moderne type : désaxer la rue principale, modifier l'alignement des maisons, prévoir un réseau d'égoûts, de distribution d'eau et d'électricité, une nouvelle école, une salle commune,une bibliothèque, une place publique, une nouvelle église et un monument aux morts. Le conseil remercie, accepte et consultera la population par réferendum. Pour le réseau électrique,il faut attendre que les maisons et les bâtiments soient déjà reconstruits.
Suite au prochain numéro. LN
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Marie-Ange
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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Mar 3 Juin - 6:59

Les recherches avancent bien....
Quel travail de reconstruction...
Je n'avais encore jamais entendu parler d'une ville qui empruntait de l'argent à un de ses habitants.


(je pensais avoir déjà mis ce petit mot, mais à paremment, j'ai rêvé)

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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Mar 3 Juin - 7:06

Les souscriptions sont parfois obligatoires... qui se transfemeront en impôt car non négociables ni remboursées.
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Marie-Ange
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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Mar 3 Juin - 7:12

Oui, mais là c'est remboursé avec intérêts... enfin si ça été fait...

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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Mar 3 Juin - 7:29

Marie-Ange a écrit:
Un sacré travail de recherche quand même tout cela.
Fort intéressant.
J'attends la suite...

Voici la suite.

Nous sommes en 1921. La reconstruction avance lentement. Aux problèmes matériels s'ajoutent les problèmes humains. Il est prévu que la rue principale du village soit élargie à dix mètres et les rues secondaires à huit pour la plupart car le conseil se rend compte que les déplacements à dos d'âne ne sont plus d'actualité et qu'il faut penser à l'avenir pour faciliter la circulation des nouveaux véhicules qui commencent à apparaître. Les fameux taxis de la Marne et les ambulances utilisées durant le conflit doivent jouer un rôle dans cette façon de voir les choses autrement. Oui mais élargir les rues suppose le déplacement des maisons ,des bâtiments et des jardins presque tous réduits à l'état de décombres qui ne sont pas totalement déblayés. Quelques habitants ne sont pas d'accord. Le conseil s'évertue à faire comprendre que l'intérêt général de salubrité, sécurité et commodité doit prévaloir. Il explique même qu'il est absurde de vouloir réparer l'irréparable au point de sacrifier ce qui peut l'être.

Par ailleurs l'Etat ne tient pas ses promesses. Le budget de 12 milliards prévu pour la reconstruction des zones sinistrées est ramené à 7 milliards et le dégrèvement d'impôt qui devait être de 7/10 est modifié dans le mauvais sens. Le conseil proteste avec énergie et dénonce la mauvaise gestion et le gaspillage. Il envisage de démissionner et de contacter les autres régions sinistrées pour entreprendre une action légitime d'agitation puisque les droits à la reconstruction ont été officiellement et solenellement reconnus.

Pour tout arranger le sous-sol de la commune est riche en grès en certains endroits . Une carrière va s'installer et les villes auront des pavés. Le travail d'extraction sera préjudiciable aux vignes et compromet l'unique ressource des vignerons encore secoués par les ravages du phylloxéra, les fraudes du négoce et des projets de loi en faveur de vins étrangers. Le conseil ne s'oppose pas à la carrière mais demande que l'on prenne des dispositions pour protéger les vignes.

En conséquence les délibérations de cette année 1921 sont deux fois développées que celles des années précédentes. J'allais oublier : monsieur l'abbé va installer à ses frais une cloche sur le baraquement qui tient lieu d'église. Le conseil n'y voit pas d'objections mais recommande une charpente solide pour éviter tout accident. En attendant, la cloche est dans la cour de l'école et l'école se tient elle aussi dans un baraquement.
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Charpentier Hélène



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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Mar 3 Juin - 7:50

Le nom de cette habitante qui a prêté de l'argent pour aider la commune figure sur la plaque des bienfaiteurs dansla salle du conseil. Parmi ces bienfaiteurs figure également une commune de Seine et Marne et le montant du don figure dans le registre des délibérations.
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Charpentier Hélène



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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Sam 7 Juin - 8:51

Nous voici en 1921 et 22. La reconstruction s'organise. Les dons des bienfaiteurs - trois personnes, trois communes de métropole et trois communes d'Algérie dont les noms figurent sur une plaque dans la salle des coneils de l'actuelle mairie- aident à la reconstruction. L'Etat revient sur ses promesses d'aide à la reconstruction. Les 12 milliards promis sont revus à la baisse,soit 7 milliards pour l'ensemble des zones sinistrées et le dégrèvement d'impôts pour 1918 est revu également au désavantage des populations. La municipalité décide de démissionner et de contacter les autres communes sinistrées pour envisager une action légitime d'agitation et protester contre le gaspillage si les 12 milliards promis ne sont pas accordés. Le retour des dépouilles des enfants du pays est envisagé mais plusieurs soldats sont portés disparus. Un habitant fait don d'un terrain pour l'emplacement du monument aux morts, un autre pour entreposer les décombres tandis qu'un troisième tue son boeuf pour nourrir la population du village. Les crédits pour reconstruire les écuries sont arrivés mais les conditions hygiéniques du bâtiment provisoire pour l'école sont déplorables. Le conseil estime que les enfants ne sont pas moins dignes que le bétail et proteste énergiquement.
L'architecte chargé de l'alignement et de l'élargissement des rues donne un terrain proche de l'église pour dégager une place publique dont le besoin se faisait sentir depuis de nombreuses années mais n'était pas réalisé faute d'argent. Le maire décide de reculer un bâtiment dissimulant la façade de l'église.
Les délibérations très étoffées de 1921 et 22 sont très étoffées. Les projets d'adduction d'eau et d'électrification sont de nouveau à l'ordre du jour.
J'oubliais : la calligraphie, la présentation, la syntaxe, le vocabulaire et l'orthographe sont irréprochables. Le secrétaire de séance n'est pas toujours l'instituteur secrétaire de mairie car le secrétaire de séance est parfois explicitement nommé et la calligraphie est différente. A cette époque le certificat d'études primaires exigeait une solide maîtrise de la langue et l'on choisissait comme secrétaire de séance parmi les conseillers, l'un de ceux qui avait réussi cet examen.
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Marie-Ange
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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Sam 7 Juin - 10:23

Charpentier Hélène a écrit:
Nous voici en 1921 et 22. La reconstruction s'organise. Les dons des bienfaiteurs - trois personnes, trois communes de métropole et trois communes d'Algérie dont les noms figurent sur une plaque dans la salle des coneils de l'actuelle mairie- aident à la reconstruction. L'Etat revient sur ses promesses d'aide à la reconstruction. Les 12 milliards promis sont revus à la baisse,soit 7 milliards pour l'ensemble des zones sinistrées et le dégrèvement d'impôts pour 1918 est revu également au désavantage des populations.

L'Etat qui se lave les mains mais des villes étrangères qui donnent un coup de main... dans quel monde nous vivons ! D'autant plus que si l'on y regarde de prêt, c'est toujours pareil à l'heure actuelle, sauf que ce n'est plus l'Etat français qui s'en tape le popotain par terre et les autres pays qui donnent, mais la France qui donne là où le gouverment se désintéresse. Retour des choses, problème de conscience ?

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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Lun 9 Juin - 16:48

A cette époque l'Algérie était encore une colonie et je suppose que l'argent venait de plutôt de la communauté française installée depuis la conquête plutôt que de la population algérienne moins aisée encore qu'il faille nuancer les idées reçues. Certains Français d'Algérie étaient fortunés et d'autres étaient pauvres ( songeons à Albert Camus par exemple). Certains Algériens étaient très pauvres et d'autres vivaient plus confortablement. Quant à la générosité c'est également relatif. Tous les riches ne ressemblent pas forcément à Picsou et ceux qui connaissent la pauvreté ne sont pas tous partageurs non plus. Sinon j'ai achevé 1922 et 23. Reconstruire, installer l'eau et l'électricité posent des problèmes de financement qui retardent la mise en route des travaux devant s'étaler sur 6 ans. La Société chargée d'électrifier la commune demande des prix très élevés alors qu'elle a favorisé largement le chef lieu de canton voisin. Le conseil proteste. La commune lance un emprunt et la priorité des priorité sera l'école. On répare les tables qui peuvent l'être et on en achète six neuves. On protège le jardin scolaire qui permet à l'école de recevoir la lumière du jour et le soleil. Aucune construction ne doit s'y installer. L'école va devenir mixte en raison de la baisse des effectifs. Les jeunes ménages vont s'installer dans des communes moins sinistrées pour fonder une famille. Quand l'instuteur prendra sa retraite il n'y aura plus qu'une seule classe unique et mixte. Le monument aux morts va bientôt être officiellement inauguré. On accorde, ou on refuse selon les cas , l'assistance médicale gratuite et l'aide aux femmes en couches après examen du dossier. Une femme dont le mari a été assassiné et dont deux fils ont été tués à la guerre demande l'allocation journalière à la commune( équivalent du RMI je pense) pour vivre. C'est accordé. Le bac permettant de traverser la rivière pour se rendre au chef lieu de canton est supprimé. Une route et un pont le remplacent. Comme ils ont été bombardés, ils ont été réparés au plus vite et au mieux. Le gérant de la cabine téléphonique, surnommé Louis XII, car douzième enfant de la nichée, sera rétribué pour sa disponibilité. Il tient aussi le café central du village. Il y a un autre café qui doit être au moins à cent mètres du premier, calcul établi en fonction de la surface de la commune et du nombre d'habiatnts. Enfin le conseil demande que le courrier soit à nouveau distribué deux fois par jour comme avant la guerre.
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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Sam 14 Juin - 8:47

1924-1925. Le village poursuit sa reconstruction qui n'est aps achevée pas plus plus que l'adduction d'eau ni l'électrfication. La population a chuté. La crise du phylloxéra avait entraîné le départ de plusieurs familles et la guerre n'a pas arrangé la situation. De 468 habitants en 1912 on passe à 347 en 1922.
Le monument aux morts où s'alignent plus de trente noms est inauguré le 21 septembre 1924. L'école de garçons est fermée et la salle de classe devenue vacante sera mise gratuitement à la disposition des sociétés locales pour les réunions ainsi que que pour les repas de noces et les repas funéraires mais les familles devront assurer le chauffage, l'éclairage, le nettoyage et verser une participation, à la hauteur de leur générosité, à la commune. En aucun cas , cette salle ne pourra servir de salle de bal. Par ailleurs, les réunions ne devront pas déranger le travail de la classe devenue unique. Le monument aux morts, face à l'école et la mairie rappelle que le repeuplement du village devra attendre. L'allocation aux familles nombreuses est doublée et monte à 180 F. L'un des deux logements de fonction devenu vacant est proposé en location. L'église se reconstruit aussi mais le maire doit rappeler à la coopérative diocésaine "qu'elle semble avoir perdu de vue la nécessité où elle se trouve de reconstruire l'église avec le montant des dommages qui lui sont délégués. La commune ne peut consentir à des frais supplémentaires. La bénédiction officielle a lieu le 9 juillet 1925 et est suivie d'un banquet : gratuit pour l'évêque et sa suite, l'architecte, l'entrepreneur et le secrétaire de mairie. Pour le 14 juillet la commune prend encharge les festivités : Une feuillette de vin ( tonneau de 114 à 140 litres) 100 F de saucisson et 60 livres de pain. Rassemblement à 15 h 15, défilé à 15 h 30 et banquet à 16 h; Bal à 21 h.
Une subdivision de sapeurs-pompiers est créée et comprend 19 sapeurs et un officier. La commune dépense 4542 F pour l'habillement plus les ceintures, les képis et les casques.
On accorde aussi des subventions de 100 F ou 50 F selon les cas au Secours mutuel, à la Mutuelle du bétail, aux Anciens combattants, au Syndicat des vignerons de la Champagne, au Dispensaire antituberculeux,à la Maison maternelle de la Marne, aux Pupilles des écoles publiques à la Société scolaire de secours mutuel etc...Depuis 1921 on dépense 225 F pour les cours d'adultes.

Je ne sais pas encore convertir toutes ces sommes en euros mais je sais où m'adresser pour l'apprendre.
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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Sam 14 Juin - 12:13

Je complète et voici la valeur du franc en ce premier quart du vingtième siècle : en 1901, un franc vaut 3,55 euros
en 1923 :0,900 euros
en 1925 : o,727,
en 1926 : 0,551.
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Marie-Ange
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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Dim 15 Juin - 6:03

pale Et bien !

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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Mer 25 Juin - 17:29

Je vais aborder l'année 1932. Le village poursuit sa reconstruction et la question du plan d'alignement, maison par maison pour élargir la rue principale et la porter à 10 m, élargir les rues secondaires dont bon nombre ne feront pas les 8 m prévus, est un travail de patience consistant à convaincre et indemniser chacun, ménager les susceptbilités et faire valoir l'intérêt général avant tout. Le progrès se met en place. L'électricité fonctionne en 1929 et l'adduction d'eau est en cours. Ces gros travaux font l'objet d'emprunts calculés au plus juste mais dans l'ensemble tout va mieux. Le budget accorde une place non négligeable aux subventions accordées à plusieurs organismes à mission sanitaire et sociale comme le centre antituberculeux d'Epernay ou la Maison maternelle du département pour ne citer que ces exemples. On achète des livres et des fournitures pour l'école. Le 14 juillet est toujours l'occasion de manger du pain et du saucisson et de boire un feuillette de vin mais de plus on se décide pour une retraite aux flambeaux sans doute facilitée par l'éclairage public. Je m'avance.
Malgré tout le conseil est solidaire des vignerons soucieux de protéger leurs revenus. Des projets de taxe supplémentaire sur les ventes à l'étranger risquent de porter préjudice à tous les vignerons de France Une.ne taxe spécifique au vin de Champagne soulève l'indignation et le conseil expose ses arguments avec rigueur et clarté. La maîtrise de la langue est toujours remarquable. J'en suis flattée car je découvre que mon père conseiller secrétaire de séance, ayant obtenu son certificat d'études primaires à 12 ans avec un an d'avance n'a pas perdu son temps à l'école et j'entends soudain sa voix me répéter : on n'en connaît jamais trop."
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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Jeu 26 Juin - 7:56

La prise de notes du conseiller secrétaire de séance est bien sûr revue et corrigée par l'instituteur secrétaire de mairie proche de la retraite. Les conseillers, dont mon père ont été ses élèves. A cette époque il faut acquérir le maximum de connaissances à l'école car aussitôt le" certif" on travaille la terre avec les parents. La règle de trois simple, inverse ou composée, le passé antérieur, l'imparfait ou le plus que parfait du subjonctif, les formules de surface ou de volume, le calcul mental,les dates et les préfectures constituent le bagage des connaissances à maîtriser sur le bout des doigts. Certains estiment que tout cela est bien inutile pour travailler mais beaucoup en sont fiers. le conseil subventionne les cours du soir pendant l'hiver et rétribue un conférencier venu parler des maladies du bétail. Les boulimiques de lecture profitent du bibliobus.
faut-il penser que cette époque ait été un âge d'or ? Non , l'hygiène déplorable des sanitaires de l'école est signalée. Par ailleurs, mon père qui se maria en 1934 avec une femme de vint ans sa cadette pourra constater chez ses enfants l'évolution des méthodes pédagogiques. Un certain Célestin Freinet, rescapé de la grande boucherie, est passé par là. Les nouveaux instituteurs ne peuvent appliquer ses méthodes à la lettre mais en ont compris l'esprit, ce qui change beaucoup de choses.( Rien à voir avec les dérives vidées de toute substance qui en suivi mais ceci est une autre histoire.)
D'ailleurs je signale un DVD chez Doriane film d'un film de Jean-Paul Le Chanois datant de 1949 : " L'école buissonnière."
Je ferme la digression et retourne à mes délibérations des année 1930. Bonne journée.
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Charpentier Hélène



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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Jeu 26 Juin - 8:02

Corrections : Faut-il (majuscule oubliée.) On peut mettre un point après" fiers" et reaprtir avec une nouvelle phrase : " Le conseil..."
On écrit "vingt". j'ignore l'origine de ce "g".
Enfin : les dérives qui ont suivi.

Nous voici en 1933. l'électricité fonctionne depuis 1929 et l'adduction d'eau est installée depui plus de 2 ans. En 1934, un habitant ayant perdu son fils unique à la guerre donne sa maison, le clos attenant et son argent à la commune. Il avait déjà fait don d'un terrain pour l'édification du monument aux morts une dizaine d'années plus tôt. La maison nécessite de gros travaux et est mise an adjudication. L'argent, selon la volonté du défunt est destiné à acheter des livres de prix aux élèves méritants et à remplacer l'horloge de l'église. Avec une partie de l'argent , provenant de la vente de la maison peut-être ,on achète une rente à 5%.
En 1935, le ton monte. Une longue délibération parfaitement stucturée, argumentée et rédigée en termes virulents mais corrects, proteste contre la non-reconduction d'une loterie dont les bénéfices sont destinés à endiguer la montée du chômage et de la misère.Cette délibération dénonce l'inertie des pouvoirs publics qui accorde des faveurs à des régions non dévastées et prépare la grande exposition qui donnera du travail aux seuls chômeurs parisiens. La délibération dénonce également le projet de décret qui veut supprimer le droit à réparation des dommages de guerre reconnu par la loi du 17 avril 1919. Une copie de cette délibération est envoyée à tous les maires du Nord et de l'Est.
Un forain propose d'installer un manège , des balançoires et une boutique sur la nouvelle place publique face à l'église, dégagée et mise en place grâce aux arrangements et à un don de l'architecte propriétaire d'un petit terrain et chargé de la reconstruction. Le conseil accepte cette proposition qui rehaussera d'un éclat particulier la fête patronale mais ne versera rien au forain

En 1936, on peut réouvrir la classe fermée et les enfants de 4 à 7 ans y seront accueillis sous réserve qu'ils soient propres et dès janvier 1937, on félicite les institutrices pour la réussite de la fête de Noël dont les bénéfices iront à la caisse des écoles. Il faut préciser qu'un cloison amovible de la classe des petits ouvre sur une scène avec coulisses. Tout a été aménagé par les bénévoles dans les années 24 ou 25 car les adultes s'adonnaient du théâtre et en poussaient une, pendant l'hiver. (Mon père me racontait qu'il avait construit des bancs pour le public avec des planches venant d'arbres abattus dans les bois. D'autres plus habiles avaient confectionné les décors avec les moyens du bord. Dans les années 50 je suis montée sur cette scène et encore plus tard, adolescente en 62 mais là j'anticipe. )

Toujours en 1937, il est interdit de brûler les haies en raison des engins de guerre qui sont toujours là ( allez faire un tour dans la Meuse, c'est toujours surveillé ) et on entretient la tombe de la donatrice de 1915 comme il convient. Il faut dire que son legs, dont j'ai déjà parlé, sans oublier les autres dons, a été très utile pour reconstruire la commune.

La seconde guerre arrive. Un comité d'accueil chargé de recevoir les évacués de Reims est mis en place sans hésitation car on se souvient de l'exode de 18. Des commissions de ravitaillement, réquisitions, rues et fontaines et distributions de vivres sont établies. La liste des hommes valides avec tour de service pour les corvées est dressée. Le 2 juin 40 on distribue des masques à gaz et les conséquences de l'exode de juin 40 sont les suivantes : la situation économique est déplorable car l'absence d'entretien des cultures agricole et viticole et maraîchère rend l'espoir de toute récolte à peu près nul. Il n'y a pas d'argent. mais l'état d'esprit est bon affirme la délibération qui est transmise à l'occupant pour solliciter un emprunt de 3000 F


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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Jeu 26 Juin - 8:06

C'est un plaisir d'avoir des nouvelles !

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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Lun 7 Juil - 17:03

Mai 1941. On reparle à nouveau des dommages de guerre évalués à 40 118,95 F. En 1918, ils atteignaient 200 000 F. Il faudrait évaluer ces deux sommes en euros, ce que je ferai prochainement, mais d'emblée on constate que cette fois le village n'est pas à reconstruire. Cela ne signifie pas pour autant que la vie soit facile sous le Gouvernement de Vichy et en présence de l'occupant. Par exemple la livraison du pain à domicile est interdite, même à bicyclette derrière laquelle on installe une remorque où les rations par famille sont prêtes.Il doit y avoir un dépôt dans un local déclaré pour un boulanger tandis que l'autre doit se contenter de 4 arrêts déclarés également. Une circulaire préfectorale définit les conditions d'allocation aux réfugiés nécessiteux qui ont été contraints à l'exode de juin 40. Ces conditions sont telles que personne n'y répond. Ma mère a été contrainte à l'exode enceinte de 8 mois de son troisième enfant. L'assistance médicale gratuite est refusée pour ma famille. Elle se contentera de l'allocation aux femmes en couches et de la prime d'allaitement.( Mon père, âgé de 45 ans, réformé en 14 pour gibbosité est resté au foyer. Au lavoir communal où l'on se rend avec une brouette chargée de la bassine de linge elle fait figure de privilégiée et endure les remarques en silence car mon père a été résistant dès la première heure et non à la dernière minute.) Ce qui est entre parenthèses ne figure pas dans les délibérations. Le conseil, dont mon père ne fait plus partie, souscrit à une épreuve sur burin du portrait du maréchal Pétain sur papier de Chine pour une somme de 250 F.L'année suivante, en 1942,la caisse des écoles ne peut plus fournir livres et cahiers que les élèves doivent acheter en passant par l'institutrice. Par contre, les fournitures restantes seront distribuées jusqu'à épuisement. Un bovin doit être fourni au ravitaillement général. On choisit un boeuf qui n'a jamais travaillé plutôt qu'une vache laitière. En décembre 1944, le Conseil national de la Résistance fait procéder à l'élection d'un nouveau Conseil municipal provisoire. Le 20 mai 45 un nouveau Conseil municipal est élu . Mon père est de nouveau conseiller.
On songe à organiser le 14 juillet selon les possibilités du moment et l'on demande simplement un supplément en vin auprès du directeur départemental du ravitaillement.
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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Mar 8 Juil - 4:41

Même pasencore remis de la première guerre que la seconde est là...

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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Mar 15 Juil - 7:36

La seconde guerre est terminée. Un vin d'honneur accompagne la réception des déportée et des prisonniers. Les anciens combattants de 14-18 sont invités. On ajoutera sur le monument aux morts le nom d'un instituteur, enfant du pays, mort en déportationà Ellrich.
La caisse d'eparne attribue une somme de 450 F à répartir entre les familles nombreuses.( En 1941 ma famille n'y avait pas eu droit malgré les trois enfants à charge. Pourquoi cette mise à l'écart à l'époque ? Il se peut aussi que mon père ait refusé volontairement. Ce n'est pas impossible et je ne saurai sans doute jamais. Bref la page est tournée et ma future naissance a peut-être contribué à l'attribution de cette manne. Qu'est-ce que je dis là ? L'argent ne se mange pas disait mon père. Pense au roi Midas ! Son voeu avait été exaucé et tout ce qu'il touchait se transformait en or ,même la nourrituré. )
L'assistance médicale aux vieillards ,aux infirmes et aux incurables passe de 360 à 550 F. 46 stères de bois sont abattus. Trente sont destinés au chauffage de la mairie et de l'école. Les 16 stères restants seront vendus aux habitants, à raison de deux stères par ménage. Un lot de pierres tombales provenant de concessions trentenaires périmées est également proposé à la vente pour 40 F. Une commission d'attribution et de répartition des bicyclettes est constituée ainsi qu'une commission d'allocations aux réfugiés.
Le nouveau gérant de la cabine téléphonique de la commune doit payer environ la moitié de son déménagement. Plusieurs subventions sont refusées par mesure d'économie mais la commune achète deux livres pour la bibliothèque communale : " les Huns d'Oradour." et " retour s'Auschwitz, souvenirs du déporté 174949." L'allocation aux femmes en couches est accordé à ma mère pour ma future naissance qui approche. En 1946, on peut recenser huit naissances.( Pour un village qui a vu sa population descendre de 428 h en1912 à 328 pendant cette seconde guerre, c'est spectaculaire et 1947 suivra. Je me souviens très bien que le CM2 et le CM1 des années 56 et 57 formaient le gros du bataillon à l'école communale mais l'instituteur passionné par son métier débordait de projets malgré sa petite taille et sa forte claudication. En plus il anime un Foyer rural qui a transformé la vie du village pendant dix ans.)
Revenons à 1946. l'institutrice décède. Le Conseil achète une couronne de 2105 F. Elle a été institutrice pendant une vingtaine d'années et également secrétaire de mairie fonction qu'elle a abandonnée l'année précédente.( L'un de ses anciens élèves de renommée mondiale a été décoré il y a deux ans sous la coupole pour ses recherches et ses travaux sur les champs magnétiques terrestres.)
Nous voici en 1947. La consultation des nourissons se tient le deuxième vendredi de chaque mois en présence du médecin du canton et de l'assistante sociale.La date de la fête patronale est fixée en fonction de la disponibilité de la fanfare du village voisin dont " l'audition est tant appréciée." ( Cette société comptera 80 musiciens dans les années suivantes et remportera plusieurs distinctions dans les festivals. Les anciens enseignent aux plus jeunes. Comme mes frères aînés enseignaient le solfège aux garçons de mon âge je voulais aussi jouer d'un instrument. Hélas ! Pas de filles, pas de femmes dans cette fanfare qui recrutait dans plusieurs villages proches. On se rendait aux répétitions en vélo.)
Le centenaire de la libération de 1848 donne lieu à la plantation d'un arbre juste à côté de la place de l'église, cette place au coeur du village reconstruit et qui a vu le jour grâce au bon sens, l'entraide et la générosité.
En 1949, l'aide médicale gratuite est accodée à un enfant né en 1942. (L'opération ne parviendra pas à le sauver de la cécité. l'instituteur apprend le braille et le lui enseigne ainsi qu'à sa mère. Il entreprend les démarches pour envoyer cet enfant à Paris à l'Institut national de jeunes aveugles où il arrive avec un an d'avance. Dans la foulé mon frère aîné né en 1940
apprend le braille et plus tard je l'apprendrai aussi. Aujourd'hui je ne sais plus mais je lis devant le magnétophone.
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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Mar 15 Juil - 7:38

j'aprçois queques fautes : accordée, la foulée... veuillez excuser les autres car je n'ai pas le temps de relire.
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