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 Histoire de mon village

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Charpentier Hélène



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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Lun 11 Aoû - 12:28

C'était un sacré mauvais coucheur, franchement méchant, fâché avec presque tout le pays. Comme il logeait dans une cour où se trouvait un bâtiment avec pressoir, il avait bloqué les issues de la cour à la vendange pour empêcher les vignerons d'écraser leur récolte. Il avait fallu faire venir l'huissier , les gendarmes, le responsable du syndicat des vignerons. Ceci n'est pas dans les délibérations mais est resté dans toutes les mémoires et a été filmé par un amateur. Voilà ce que le conseil entend par "précisions utiles."
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Marie-Ange
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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Lun 11 Aoû - 17:10

Y'a des carnes quand même Very Happy . Un sourire, mais c'est certain, ça ne devait pas être drôle à l'époque.

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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Mar 12 Aoû - 13:17

Sourire justifié par la suite de l'histoire. Cet habitant de la commune vint à passer de vie à trépas puisque nous ne sortons pas vivants de cette vie. A ses obsèques assitaient la veuve, la fille unique , le gendre et vraisemblablement les deux petits fils ce qui reste à vérifier. Mes deux frères aînés furent demandés comme porteurs et furent témoins de la cérémonie. Leur présence permit de passer à la seconde main pour compter les personnes venues à l'enterrement. Quelques jours plus tard , un avis de remerciements parut dans le quotidien régional pour remercier les nombreuses personnes ayant assisté aux obsèques , envoyé des fleurs et bla, bla, bla...
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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Lun 1 Sep - 7:05

Comment vont les recherches ? Je suppose que le temps avançant, les documents sont plus faciles à trouver mais aussi plus nombreux et demandent donc un tri plus important, car les plus anciens documents ont souvent tendance à s'égarer et il peut donc être difficile de les retrouver...

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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Lun 1 Sep - 12:06

Les recherches sont reprises. J'ai achevé 1961 et 1962 que je dois mettre au net. Depuis 1900 tous les registres des délibérations sont soigneusement tenus et archivés. Je n'ai donc rencontré aucune difficulté particulière. En 1960 et 61 c'est la pollution qui commence à faire de sérieux dégâts avec les émanations nocives d'une tréfilerie, nocives pour la vigne - le vin devenant imbuvable - et nocives pour les ouvriers travaillant aux fours ce dont ils n'étaient d'ailleurs pas vraiment conscients à l'époque. Ils en voulaient aux vignerons de protester redoutant la fermeture de leur usine. Certains ouvriers possédaient un petit bout de vigne pour améliorer l'ordinaire sans plus. L'un de mes cousins a dû cesser de travailler aux fours pour troubles respiratoires et il est décédé plus tard d'un cancer du poumon. Les délibérations de ma commune natale ne mentionnent que les dégâts sur le vignoble.
A bientôt pour la suite.
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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Mar 2 Sep - 7:23

A bientôt...

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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Mar 2 Sep - 9:43

Nous en étions restés à la délibération du 4 août 1960 soutenant les vignerons de la région de Port à Binson dont le travail est réduit à néant par les émanations nocives d'une tréfilerie rendant le vin imbuvable donc impossible à vendre. Devant l'inertie des pouvoirs publics, le conseil soutiendra à nouveau les vignerons du secteur voisin éloigné d'une bonne dizaine de km en entamant une grève administrative qui s'étalera l'année suivante du 10 avril au 4 juin 61 et en novembre 61, le conseil prend note de la réouverture anticipée des ateliers d'émaillage de cette usine.Cette affaire commençait à tourner mal, l'usine employant un nombre appréciable d'ouvriers logés dans des habitations des villages proches où l'entreprise avait acheté des maisons vidées par l'exode rural d'après guerre. Finalement des filtres seront posés puis l'usine sera rachetée par un autre groupe,vendra ses logements et les ouvriers ayant atteint l'âge de la retraite ne seront pas remplacés. Les locaux sont actuellement occupés par d'autres activités non nocives.
Ces annes 60 marquent une étape décisive dans l'entrée du monde actuel encore que certaines réticences se manifestent par des décisions prouvant qu'on ne peut pas tourner la page trop vite.Les mentalités ne changent pas d'un coup de baguette magique. N'a t-il pas fallu 13 années pour que le conseil prenne conscience de rôle indispensable du téléphone au village, de 1900 à 1913 très exactement ?
Les déchets commencent à devenir envahissants. On achète un nouveau terrain pour constituer une nouvelle décharge et on élargit les chemins permettant dy accéder. D'ailleurs bon nombre de chemins ont besoin d'être élargis car on constate l'importance grandissante du" matériel à pneus ". Cette nécessité ne sera pas satisfaite rapidement. Certes, le CIVC, Comité interprofessionnel du vin de Champagne accorde des subventions mais elles concernent des travaux coûteux de grande envergure auxquels la commune ne peut faire face en raison de la modicité du budget. Celui des années 61 et 62 est consacré à des projets et des dépenses de première nécessité. leprojet d'une citerne à incendie aboutira en 63 seulement après la faillite de l'entreprise choisie et le temps nécessaire à l'appel d'offre. Finalement on choisit un maçon du pays. On achète une moto-pompe qui remplacera l'ancienne pompe à bras laquelle est reprise par le vendeur ce qui allège la facture.
Les travaux d'assainissement ( pose de canalisations pour les eaux usées) nécessitent un emprunt et se feront en deux tranches. Quelques habitations se décident pour le raccordement au réseau d'eau. ( Mes parents disposant d'une pompe se décideront en 64) et deux maison en construction ont besoin d'une extension de réseau pour l'eau et l'électricité.
L'école, la mairie et le logement de l'instituteur ont également besoin d'être lessivés et repeints. Les portes des quatre WC des deux cours d'école sont bonnes à changer et le plancher de la mairie va rendre l'âme. Le conseil tergirverse pour l'installation d'un terrain de sports avec sautoir et portique. La dépense est élevée et ne sera peut-être pas amortie car bientôt tous les enfants iront d'office au collège du chef lieu lieu de canton distant d'à peine deux km et où ils pourront disposer d'installations sportives. A ce sujet le ramassage scolaire se met en place. Le collège en question a dabord été un Cours complémentaire ouvert à la rentrée scolaire 58 et les élèves sélectionnés des communes environnantes s'y sont rendus en bicyclette. Désormais presque tous vont s'y rendre et le service de ramassage se met en place. La commune adhère donc au syndicat de ramassage scolaire participe aux frais au prorata des élèves utilisant ce service, puis peu après demande une participation modique des familles. Certaines familles préfèrent renoncer à cette solution en restant fidèles à la bicyclette.( Et c'est ainsi que mon frère et moi avons effectué tout notre premier cycle en vélo. logique non ?) Parmi les autres dépenses figurent l'entretien et la réparation de l'église ( 27 928 F ) et plusieurs chemins et ravines.
La prolongation de la scolarité se manifeste par les demandes de sursis d'incorporation pour continuation d'études , une demande en 61 et deux demandes en 62. On n'oublie pas au 14 juillet 61 d'envoyer un mandat au soldat envoyé en Algérie.
L'instituteur du village et son épouse, institutrice des petits, n'occupent qu'un seul des deux logements de fonction et le dévoué et dynamique maître d'école envisage d'y insataller le foyer socio-culturel dont il est responsable. Le conseil n'est pas chaud car la location du logement vacant rapporte un loyer qui profite à la caisse des écoles. On demande avis au préfet qui renvoie à l'inspecteur d'Académie qui émet un avis favorable. Finalement on s'arrange et le logement vacant va aussi profiter à la mairie qui se réserve une pièce où le maire pourra installer son bureau. Les autres pièces du logement seront réparties ainsi : salle de ping-pong, coin baby-foot, bibliothèque et labo- photo. ( Quelques esprits chagrins voient dans cette "maison de jeunes un lieu propice au dévergondage. laissons dire : comme le dit ce cher La Fontaine dans la fable "Le meunier , son fils et l'âne, quoi que l'on fasse, y' en a des toujours qui critiquent ce qui est nouveau. Relisez cette fable si vous le pouvez. C'est une de mes préférées. )
Voici 1963. L'achat d'un drapeau européen est refusé mais on accorde une subvention au mémorial de Verdun et aux " amis de nos églises" laquelle a été refusé pendant presque un demi-siècle ( il faudrait que je compte les refus ). On renonce à aider les amis de la basilique de l'Epine car la commune a donné pour la restauration qui s'imposait il n' ya pas si longtemps.
L'élargissement des chemins permettant l'accès à la nouvelle décharge municipale ne peut-être effectué pour les vendanges. Nous sommes au printemps. Une prime exceptionnelle est accordé au cantonnier et on fait appel à de la main d'oeuvre.
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Charpentier Hélène



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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Sam 6 Sep - 15:05

Les années 64 et 65 confirment une amélioration matérielle des conditions de vie, le souci de l'hygiène et du confort et une évolution progressive des mentalités. Les travaux d'assainissement nécessitent un emprunt mais le tout à l'égoût n'est remis en question par personne même s'il faut payer un taxe. le réseau électrique est renforcé; Quelques maisons neuves ont besoin d'être raccordées à l'eau et à l'électricité. L'école est lessivée et repeinte. Les cours, les grilles ne sont pas oubliées et l'on refait aussi le plateau de scène du petit théâtre attenant à la petite classe car les enfants et les jeunes du Foyer rural de jeunes et d'éducation populare donnent des représentations. Dans la foulée il serait bon de faire de même pour la mairie où l'on remplace le plancher par un carrelage. Le logement de l'instituteur va disposer d'une salle d'eau et d'une fosse septique. Le bassin de réserve d'eau et les canalisations d'eau sont nettoyée et désinfectées.Le poële à bois de la classe enfantine est hors d'usage. Il est remplacé par un poële à mazout. La pompe à bras est remplacée par une moto-pompe et pour cet achat il a fallu faire un autre emprunt; La commune souscrit des parts sociales au Crédit Agricole. Il est souvent question de l'élargissement et de l'entretien des chemins permettant d'exploiter les vignes car les "véhicules à pneus" dont il a déjà été question ont besoin d'espace. Il faut les élargir et les goudronner. L'empierrement est assuré par les bénévoles. les sentes devenues inutiles sont aliénes au profit des riverains qui devront payer les frais de notaire. On songe au remembrement.
Un SIVOM, syndicat à vocations multiples est créé mais ses fonctions restent à définir avec davantage de précisions.
On n'oublie pas le passé et la commune participe au cinquantenaire des batailles de la Marne (14-18) et à l'anniversaire de la libération. On acorde une subvention à la construction du mémorial de Verdun. Un nouveau chemin d'accès au cimetière est mis en place avec l'accord des propriétaires riverains mais on pense à assurer l'avenir car la commune attribue la même somme que la Caisse d'épargne sur le livret offert à chaque nouveau-né.
Le conseil municipal se renouvelle. Une femme est élue pour la première fois. Sa première intervention sera de demander le rétablissement de la visite médicale scolaire puis elle s'inquiétera du ramassage des ordures qui devrait être effectué deux fois par mois.
Le Cours complémentaire qui a offert la possibilité d'entrer en sixième en milieu rural est devenu un collège en 1962. Les réticents d'hier ont bien changé d'avis. Il faut dire qu'ils sont devenus pères ou grands-pères et qu'ils ont compris qu'une bonne instruction constitue un atout pour construire sa vie car les petites exploitations ne suffisent plus pour s'installer et les enfants ne choisissent plus forcément la voie de leurs parents. Ils font le point sur les avantages de cet établissement de proximité . Les établissements de Reims et Epernay étant saturés , ce collèges résout les problèmes de poursuite d'études dans le secondaire. Les frais entraînés par l'agrandissement annuel du Cours complémentaire sont terminés puisque ce collège est bien implanté. La solution d'un problème resté en suspens satisfait tout le monde. Le niveau scolaire des enfants peut s'élever en respectant la stabilité des enfants et de leurs familles. Il convient donc d'adhérer à un syndicat regroupant les communes concernées pour répartir les charges.
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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Ven 12 Sep - 16:26

La modernisation et le confort se précisent de 1966 à 1968. L'école est régulièrement entretenue et la mairie est équipée d'une machine à écrire. Un conseiller réclame l'ancien poële de la petite classe pour mieux chauffer la salle des conseils. Il ne faut pas oublier que nous sommes dans une période faste qu'il est convenu de désigner par " Les trente glorieuses" ! Ainsi la partie supérieure de la citerne à incendie est désormais fleurie et l'ancienne pompe à bras est conservée et mise en bonne place pour honorer les services rendus autrefois. Le logement de l'instituteur va être équipé de WC et il est permis d'espérer une salle d'eau.
Par contre on accueille avec méfiance le projet d'une usine hydroélectrique souterraine dans un village du vignoble situé à 18 km et préjudiciable au vignoble. ( La suite des événements et les études de terrain justiffieront cette méfiance et le projet sera abandonné.) Un autre projet est accueilli favorablement : celui d'une usine fabriquant des tuyaux de ciment sur le territoire de la commune et de la commune limitrophe créant quelques emplois aux habitants.
En 1967 on procède à l'alignement des chemins afin d'élargir les plateformes permettant les manoeuvres des tracteurs enjambeurs. exécutant les divers travaux et traitements nécessaires à la culture de la vigne. Les subventions habituelles sont renouvelées mais on ajoute une subvention pour la ville de Florence qui a subi de gros dégâts et une autre pour l'association française contre la myopathie. Une famille nombreuse et estimée reçoit la médaille de la famille française. Le conseil organise une réception et offre une plante. Une habitante venant de perdre son mari fait un don destiné à l'entretien du cimetière. Un nuancier de couleurs est proposé aux maisons en construction. Les problèmes d'assainissement ne sont pas tous résolus et sont régulièrement à l'ordre du jour.
1968 est là. La dénomination des rues et le numérotage des maisons se met en place. Quant au remembrement des terres il est à l'étude et concerne une quarantaine d'hectares.
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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Ven 12 Sep - 19:22

L'histoire de ce village est aussi un rappel de tous les progrès qui sont venus au fil du temps dans le pays entier (voir même dans le monde) : il fut une époque où la machine à écrire était révolutionnaire, aujourd'hui, un peu comme pour le lecteur de cassette/baladeur, nombreux enfants ne sauraient dire ce que c'est, habitués qu'ils sont aux ordinateurs ( et au mp3) devenus tellement courrants.
Le nom des rues et la numérotation des maisons, plus facile que les indications de noms de famille résidant dans telle coin, en tournant à droite après la maison rouge... Ne rigolons pas, j'ai un jour reçue, et ce n'était pas il y a 50 ans mais il y a 3/4 ans, une lettre avec sur l'enveloppe, une description du genre dont j'ai parlé... et la lettre est arrivée, chapeau la poste qui perd parfois des lettres où l'adresse est bien notée et qui a su m'apporter une lettre dans une enveloppe portant une description en guise d'adresse.

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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Jeu 18 Sep - 7:53

Les délibérations de 1968 et 1969 ne sont font aucune allusion aux événements de mai 68. Par contre le cinquantenaire de 1918 est commémoré. La vie continue tranquillement. L'eau courante est installée dans les écoles et les WC sont installés dans le logement de l'instituteur dans le vestibule sous la cage d'escalier. Signalons au passage que l'instituteur souffre d'une forte claudication et qu'il accède à son logement de fonction par six ou sept marches. Son épouse doit vider les seaux hygiéniques dans les WC situés dans la cour de l'école tôt le matin ou tard le soir. Nous sommes en 1968 dans un village de campagne et l'installation de WC à l'intérieur même de l'habitation n'est pas considérée comme indispensable. Beaucoup de maisons se contentent de la petite cabane, en bois ou en briques dans un coin du jardin. La participation à l'entretien du collège du chef lieu de canton est largement étendue : chauffage, éclairage, eau, entretien, matériel ... Certains chemins de vigne sont goudronnés. Signe des temps de la consommation qui pointe son nez, les ordures ménagères sont ramassées deux fois par mois.
En 1969, la question du remembrement des vignes pour une exploitation adaptée aux engins performants, est à l'ordre du jour. Il convient de modifier encore certains chemins et d'en supprimer d'autres. Deux nouvelles institutrices remplacent le couple d'instituteurs en place depuis 1956.Il convient de rendre le logement de fonction occupé par le foyer rural de jeunes et d'éducation populaire qui ira s'installer dans un bâtiment acquis par la commune. Ce bâtiment est situé sur la place de l'église où se tient la traditionnelle fête patronale. Le conseil envisage d'y aménager une salle des fêtes, véritable innovation, qui répond à un besoin réel et qui rendra de nombreux services.
On aménage aussi un terrain de jeux pour le foyer sur les bases d'un bail de 9 ans mais on repousse l'idée d'un terrain de sports équipé, en raison de son coût élevé. Par ailleurs il y a un terrain à 2 km au chef lieu de canton. La mairie achète une machine à calculer au prix de 1100 F et l'on récupère 2000kg de ferraille provenant des travaux de l'EDF.
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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Mar 30 Sep - 8:51

A partir de 1970, la lecture des délibérations illustre une accélération des changements et mes observations iront jusqu'en 1983.
Tout d'abord la commune procède à de nombreuses améliorations dans divers domaines. L'entretien des voies communales constitue plus que jamais une priorité. Le remembrement qui regroupe les petites parcelles dispersées en parcelles plus grandes entretenues par les nouveaux engins de culture exige des chemins plus larges. Un enfant en bas âge s'est noyé dans un trou d'eau de jardin en 1970. La population est bouleversée. Un conseiller demande que tous les réservoirs d'eau servant au traitement du vignoble soient protégés.Les camions de gros tonnages nécessaires aux travaux de charroi de terre et autres chargements, détériorent les chemins . Une délibération réglemente ce sans gêne. Comme dirait Prévert dans " La pluie et le beau temps" : ils font du mal à la nature. Demême la gestion des déchets devient préoccupante. Malgré un ramassage hebdomadaire subventionné par une taxe, le projet d'une station de traitement pour résoudre la question dans le cadre d'un regroupement, la chasse aux décharges sauvages sur les patis communaux se met en place.
L'implantation géographique du village limitée par le vignoble sur trois côtés et la rivière sur le quatrième ne favorise pas une extension des habitations. Il reste malgé tout quelques zones constructibles au sein du village mais il faut tranformer les chemins de terre en voie d'accès carrrossables et prévoir les raccordements au réseau d'eau et d'électricté. Un renforcement du réseau EDF devient nécessaire et on installera un transformateur supplémentaire dans une sente aliénée toute proche de ma maison natale Dans le même temps les habitants sont de plus en plus nombreux à vouloir se brancher au tout à l'égoût.Les besoins en eau exigent l'implantation d'un second résevoir. On envisage une station de pompage et la commune adhère au SIVOM, syndicat intercommunal à vocations multiples, pour faciliter tous ces travaux. Les rues étant pourvues de plaques depuis quelques années, les maisons sont numérotées à leur tour.
Les foyers étant pourvus de machines à laver, les deux lavoirs municipaux sont devenus inutiles. L'état de dégradation de l'un est tel qu'il devient dangereux. Il est réparé et comblé. Le dallage du sol est effectué par les bonnes volontés et ce grand lavoir devient le dépôt du matériel d'entretien de la commune car l'ancien local était régulièrement fracturé et visité par des voleurs. On achète une brouette neuve pour le cantonnier mais un conseiller propose l'acquisition d'un tracteur équipé d'une remorque et la proposition est acceptée. Un peu plus tard on achètera une tondeuse-débrouissalleuse et une perceuse et une grande porte coulissante percée dans l'un des murs du lavoir facilite le rangement de tout ce matériel.
Les logements de fonction des instituteurs sont régulièrement entretenus et améliorés. Le chauffe eau et la douche ne sont plus un luxe accessoire. L'école n'est pas oubliée : ponçage du parquet, isolation du plafond, goudronnage de la cour, renouvellement du mobilier en tables et armoires, réfection de l'électricité, installation d'un lavabo et sanitaires plus confortables. Les écoliers peuvent désormais se rendre à la piscine en prenant un car de ramassage. Presque tous entrent en sixième au collège du chef lieu de canton tout proche. L'école communale ne prépare plus au certificat d'études primaires. La baisse des effectifs est compensée par l'accueil des enfants de 4 ans et les deux classes son maintenues.
La première classe de sixième avait ouvert ses portes à la rentrée scolaire 1958 et je m'en souviens d'autant mieux que j'y étais. Vers 1960 un ramassage scolaire a été mis en place pour les enfants des alentours moyennant une participation des communes et des familles. Ceux qui ne le prennent pas continuent d'enfourcher la bicyclette qui développe les muscles. En 1971 on se dit qu'un abri bus pour les écoliers prenant le car est indispensable en cas de mauvais temps. Il sera installé, après de nombreuses démarches, en 1974.
La mairie se modernise à son tour. La cabine téléphonique jugée superflue en 1900 et finalement installée en 1913 ne rendra plus service à la mairie car la maison commune dispose de son téléphone en 1978. Tout vient à point pour qui sait attendre. La suite arrive peu après : meuble fonctionnel pour le cadastre, nouvelle machine à écrire, nouveau bureau pour la secrétaire;et photocopieuse.
L'ancien poële à bois de la petite classe utilisé comme chauffage d'appoint pour la mairie est donné à l'église pour laquelle on achète deux chaises nécessaires aux mariages. l'église , elle aussi est surveillée et entretenue. C'est un bâtiment communal.

Le mode de vie des habitants se modifie imperceptiblement. La commune achète une grande pâture en contrebas de la place de l'église où se tenait la fête au village et ce vaste espace permettra d'accueillir enfin les auto-tamponneuses et d'autres attractions. Il faut avancer la date de la fête malgré tout à fin juillet car fin août les habitants sont partis en vacances. le Foyer des jeunes dispose d'un nouveau local et l'on envisage une salle des fêtes. la poupulation vieillit. En 1970, 53 personnes ont plus de 70 ans. Les jeunes ont pris l'habitude d'organiser le goûter des anciens, la municipalité distribue des colis à Noël, et un club de troisième âge est mis sur pied.
La petite usine de couture où l'on fabriquait des housses pour les sièges d'avion entre autres produits, ferme ses portes et est mise en vente. Un poste d'institeur est supprimé en 1983, en dépit de tous les aménagements et de toutes les dépenses engagées. A partir de 1970 on observe que les instuteurs ne restent guère que de deux à trois ans dans la commune.
En 1983 la fête du 14 juillet se renouvelle : défilé d'une société venue de l'extérieur, spectacle chorégraphique, tombola, pêche à la truite... Les habitants se rassemblent en ce jour mais l'installation d'un pylône relai hertzien en haut du coteau facilitera la distraction à domicile.
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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Ven 3 Oct - 6:57

Réunion des deux parties de cette histoire, puisqu'elle ne dépasse pas le nombre de pages acceptées pour un sujet par l'hébergeur (le nombre de pages doit tourner autour de 60 si je ne me trompe), comme cela on a tout en même temps sous les yeux.

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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Ven 3 Oct - 7:18

Merci, c'est vraiment bien. Dommage que je ne sois pas capable de joindre une ch'tit' photo par ci par là pour illustrer. Justement, signe des temps, la plupart des commerces ambulants vont disparaître à partir de 1970, sauf le boulanger.
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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Ven 3 Oct - 7:20

Il y a un guide pour mettre les photos sur le forum, il se trouve dans le forum informatique mais je pourrais aussi les mettre, pour cela il faudrait me les envoyer par courrier dans ma boite e-mail...

Le mode d'emploi pour mettre une image sur le forum se trouve ici

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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Mar 14 Oct - 17:06

Les élections municipales de 1983 renouvellent leur confiance au maire déjà en place. Un nouveau transformateur est installé tout près de ma maison natale pour renforcer le réseau EDF. On réfléchit au POS -Plan d'occupation des sols- projet rassemblant diverses et nombreuses intances, trop sans doute, car ce projet sera abandonné par la suite en 1987.
Nous voici en 1984 et la commune sinistrée par un gros orage met en place une commission des calamités chargée d'évaluer les dégâts en vue d'obtenir une subvention. 32 ares et 10 centiares en appellation appartenant à la commune peuvent être défrichées et plantées en vignes. La commune propose cette superficie en métayage pour une durée de 25 ans selon la formule du quart ( un quart de la récolte pour la commune propriétaire et trois quarts pour le métayer qui prend en charge tous les frais d'exploitation.) aux jeunes viticulteurs du village répondant aux deux conditions suivantes : être âgé de moins de 20 ans et posséder moins de 2 hectares. ( Il faut savoir que l'hectare de terre pouvant être planté en vignes vaut très cher en Champagne et que la culture de la vigne dans cette région exige des soins fréquents et minutieux. La notion de gros propriétaire est donc toute relative par rapport à d'autres régions viticoles.) Un tirage au sort attribue et répartit la surface en question à trois jeunes viticulteurs du village. L'année 1984 est marquée par la réception des militaires chasseurs à pied qui avaient effectué un séjour dans la commune lors de la seconde guerre mondiale et tenaient à manifester leur reconnaissance par une visite et une cérémonie officielle avec dépôt de gerbe au monument aux morts.
La pâture achetée quelques années plus tôt à Madame Rousseau est aménagée. Des bénévolesprocèdent au dallage d'une piste de danse avec l'argent d'un méchoui qui a rapporté 9200 francs. Dès l'année suivante, les forains bénéficiant d'un espace beaucoup plus vaste doivent payer une redevance. Les vitraux de l'église sont réparés et d'importants travaux sont réalisés dans la salle communale toute proche pour un montant de 44 600 francs mais le Comité des fêtes effectue un don de 10 000 francs. L'hiver 1985 a été particulièrement rude et certaines vignes entièrement gelées doivent être arrachées et replantées. 1986 est donc une année d'évluation des dégâts. L'école ne compte plus que 9 élèves répartis sur 3 cours et les quatre enfants de 5 ans vont à l'école maternelle du chef lieu de canton tout proche.
En 1987 donc, le projet POS est abandonné. A deux reprises ,au cours de cette seule année, les délibérations signalent la dégradation des chemins par temps de pluie ou par temps de dégel . Des viticulteurs peu scrupuleux n'hésitent pas à utiliser ou à faire venir des véhicules dépassant 3,5 tonnes pour effectuer divers travaux d'aménagement ,sans se soucier des dégâts occasionnés aux chemins dont les réparations incomberont à la commune. Des arrêtés sont pris en conséquence. On envisage de rénover le réseau d'eau et une extension du réseau électrique pour les nouvelles habitations en construction ici et là.
1988 poursuit cette entreprise d'aménagement. Il convient de protéger la station de captage et de réfléchir aux problèmes de ravinement par temps d'orage car les sarments broyés s'accumulent dans les regards et les grilles qui ne peuvent plus remplir leur office et l'eau boueuse envahit alors les chemins et les rues les plus proches.
L'école ne compte plus que 7 enfants inscrits alors que 16 enfants au total pourraient la fréquenter. Le conseil municipal décide d'aviser les famille du danger présenté par cette attitude consistant à envoyer les enfants à l'école du village voisin alors que celle de la commune donne satisfaction. D'ailleurs le nouveau maire élu en 1989, en accord avec le conseil, fait installer des convecteurs électriques à l'école (et à la mairie également), prévoit l'isolation nécéssaire aux économies d'énergie, fait installer le téléphone ( celui de la mairie est en place depuis 78 rappelons le ) et une armoire à pharmacie. Le conseil refuse la subvention réclamée par la commune voisine où certains parents envoient leurs enfants ,mais l'accorde à la maternelle d'un autre village. En effet il y a une école primaire sur place, ouverte à tous, mais pas de maternelle. Le nouveau maire, déjà conseiller est un graveur sur verre venu s'installer dans la commune dans la maison héritée de ses parents libraires parisiens. Enfant, il venait passer toutes ses vacances chez ses grands-parents et a conservé de merveilleux souvenirs d'enfance qui l'ont conduit à se consacrer à l'administration de la commune. En dehors de la question scolaire qui le préoccupe il il s'attache à renforcer l'alimentation en eau potable. Cette année 1989 consacre également la journée du 19 mars au souvenir du cessez le feu en Algérie pour ne pas oublier les 30 000 soldats qui ont laissé leur vie dans ce ce conflit ni les victimes civiles.
En 1990, il devient urgent de limiter la vitesse en agglomération par la pose de panneaux. L'éclairage public est étendu. On répare le clocher endommagé par une forte tempête et on installe une horloge électrique à quartz. Cette année 1990 est marquée par la création de l'ASA, Association syndicale autorisée , dont la mission consiste à aménager tout un système de canalisations devant guider les eaux de ravinement vers des bassins de récupération. Autrefois l'herbe des routes de vignes, les friches ici et là, les chevets de retenue et les sentes pierrées suffisaient à freiner et absorber les eaux de ravinement. Aujourd'hui, il n'y a plus d'herbe, plus de friches, plus de chevets, plus de sentes pierrées en raison des nouvelles méthodes de culture donc il faut gérer le ravinement autrement et l'ASA s'y emploie. Les viticulteurs paient au trésor public une cotisation en fonction de la surface exploitée et chaque commune élit ses représentants responsables.
1990 est une année marquée par de nombreux achats : chauffage à gaz et 2 chaises ( pour les mariés) pour l'église, une grande poubelle pour la salle communale et cinq autres plus petites réparties aux endroits startégiques de la commune, des vasques à fleurs, des tenues de pompiers neuves, un tapis de table et 3 doubles rideaux pour la mairie,un nouveau compteur à eau, un poste à souder et des pneus pour le tracteur de l'employé communal,et un nouvel abri bus pour le ramassage scolaire désormais situé place de l'église et non en bordure de la rue principale pour plus de sécurité.
Le contrat emploi solidarité est reconduit dans le cadre de la lutte contre la précarité.
Mallheureusement la commune doit payer une amende de 450 francs au département tout proche de l'Aisne où des jeunes ont appposé une seule affiche annonçant la fête patronale sans indiquer ni l'imprimeur ni la raison sociale.
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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Mar 14 Oct - 18:52

Jusqu'à présent je n'étais pas trop étonnée de l'histoire de ce village, mais là j'avoue que j'ai du mal à imaginer que ce soit un événement que d'acheter un tapis de table, des doubles rideaux, des chaises... en 1990. On voit bien là qu'il s'agit de la vie d'un petit village parce qu'en 1990, j'étais encore à Bruay (était-ce encore en Artois ou déjà Labuissière ? je ne me rappelle plus) et l'église était bien équipée, la mairie aussi... mais il est vrai qu'il y avait aussi plusieurs écoles maternelles primaires, collèges, et même deux lycées (un général et un technique), mais là, il s'agit d'une ville... c'est là que l'on voit bien la différence de moyens entre une ville de taille moyenne et un petit village.

Combien d'habitants déjà ? en 1990 ? et peut-être plus tard quand on en sera aux jours actuels nous pourrons comparer.
Je ne me souviens plus si tu avais donné le nombre au début ; je vais retourner voir cela au début.

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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Mar 14 Oct - 18:54

J'ai peut-être loupé, mais je ne vois pas le nombre d'habitants au début de ton récit...

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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Mer 15 Oct - 9:50

Moi aussi, j'ai été surprise par cette quantité de petits détails matériels énumérés dans deux ou trois délibérations.

D'un autre côté, depuis une vingtaine d'années, la mairie a complètement changé d'aspect : accessibilité, sanitaires, informatisation, superbe porte en verre gravée par le maire lui-même, d'une belle marianne , salle du conseil agréablement repeinte et décorée à la fois de belles photos encadrées du village actuel et de cartes postales anciennes agrandies, fleurissement du village en quelques endroits, et, depuis peu ,réfection habile de l'église au plus juste coût, grâce au bénévolat et aux relations professionnelles du maire. Deux concerts ont été donnés dans cette église rénovée. Là je suis au XXI° siècle.



En ce qui concerne la population,la question mérite effectivement d'être posée. En 1892, le village atteint 628 habitants et l'on dénombre 80 ânes. Après la crise du phylloxéra et la guerre 14-18 la population chute à 347 habitants en 1922.
Le redressement sera progressif et en 1968 on arrive à 382 habitants pour redescendre ensuite et se stabiliser autour de 320 habitants actuellement. Chiffre à vérifier.
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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Mer 15 Oct - 11:44

Citation :
En 1892, le village atteint 628 habitants et l'on dénombre 80 ânes.

Les ânes devaient être très importants dans la vie quotidienne pour que leur nombre figure au côté du nombre d'habitants.

Quelle gamelle pour la population...
Il y a eu une époque de désertification des campagnes durant laquelle les gens partaient chercher du travail en ville et y habiter, aujourd'hui même si le travail est encore en ville, il y a un retour à la campagne pour l'habitation, grace aux voitures qui permettent facilement les déplacements. Ton village est-il trop éloigné de la ville pour qu'il n'attire pas le citadin à la recherche de verdure ?

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Charpentier Hélène



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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Sam 18 Oct - 9:05

Renseignement pris, la population actuelle est de 309 habitants. Si certaines tâches de la culture de la vigne s'effectuent à la main : taille,( travail essentiel exigeant une réelle qualification ) palissage et vendange, beaucoup d'autres travaux comme labourer, rogner, pulvériser divers produits contre les maladies sont effectués avec le tracteur- enjambeur. Certaines pulvérsations sont effectuées à l'hélicoptère. Donc la main d'oeuvre est moins nombreuse. Le palissage en juin et début juillet et la vendange désormais en septembre et non plus en octobre ont recours aux travailleurs saisonniers.
Certains habitants travaillent sur Paris en prenant le train à une gare toute proche, gare vidée désormais de tout employé... Il y a une machine à billets. Il faut compter une bonne heure de transport. La gare TGV sur Reims est à une quarantaine de km. L'entrée de l'autoroute pour aller sur Paris est à 15 km environ.
Quant à l'extension du village, elle est limitée par le vignoble d'une part; et on n'arrache pas des vignes pour y mettre des maisons quand on sait que la terre à vigne même nue vaut un million d'euros l'hectare et bien plus si elle est plantée; d'autre part les terres de la prairie proches de la rivière sont inondables même si le bassin réservoir du Der Chantecoq limite les inondations de la Marne et de la Seine qui ont eu de graves répercussions au siècle passé sur Paris.
Il y a néanmoins un projet de lotissement. Une pâture au centre du village a permis de dégager dix lots de terrain à bâtir. Il en reste deux en vente.
On remarquera qu'au XIX° siècle la population atteignant 628 habitants en 1892, soit plus du double de l'actuelle population ,se contentait de moins d'espace,d'autant qu'une proportion de cet espace était réservé aux animaux. Le confort de l'habitation à cette époque était secondaire et l'on vivait les uns sur les autres. Certaines femmes très soigneuses et organisées refusaient la saleté et le désordre. D'autres étaient moins exigeantes... Cela dépendait des familles et des personnes.
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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Dim 19 Oct - 18:35

je suis vraiment rès sincèrement admirative devant ton travail Hélène! Merci de nous faire partager celà.
M'autorises-tu à le copier pour le montrer à mon papa, né en 1934, pas en champagne pmais dans ch'nor? je pense que çà lui parlera tout de même beaucoup.
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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Dim 19 Oct - 22:43

Charpentier Hélène a écrit:
On remarquera qu'au XIX° siècle la population atteignant 628 habitants en 1892, soit plus du double de l'actuelle population ,se contentait de moins d'espace,d'autant qu'une proportion de cet espace était réservé aux animaux.

Hélène, est-ce qu'il y avait un pré communal, un pré où ceux qui avaient une seule vache mais pas de terrain pouvaient la faire paître ?
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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Lun 20 Oct - 7:39

Je pense que oui car la commune disposait de "Patis communaux" figurant sur le cadastre après le coteau planté de vignes et après le bois. De même il existait et existe encore les bois communaux et l'employé communal aidé du garde-champêtre abattait du bois pour chauffer la mairie et l'école. Le reste était vendu aux particuliers.
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MessageSujet: Re: Histoire de mon village   Lun 20 Oct - 8:46

Bien sûr Ba ,et les remarques des blogueurs m'encouragent à continuer. J'arrive à 1995. Je pensais que les années 90 à 2000 seraient traitées rapidement. En fait, le maire élu en 89, et toujours en place, graveur sur verre comme je l'ai dit et d'origine parisienne ,a bouleversé le rythme des réunions : une par mois au lieu d'un tous les deux mois pour régler les différentes questions. Pour ma part je trouve qu'il est dévoué et qu'il voit les choses autrement qu'un viticulteur attaché viscéralement à la terre. Les eaux mêlées, pour reprendre le titre d'un roman de Roger Ikor, peuvent inviter à une ouverture d'esprit constructive. Ainsi,mon père âgé de 39 ans a épousé en 1934,une orpheline parisienne qui n'avait que 18 ans à peine. L'un et l'autre nous ont raconté leur enfance et leur jeunesse et de ce fait nous avons eu droit à des histoires différentes. La jeune parisienne a tout de suite conquis le village. Elle a dû s'adapter aux travaux, à une nouvelle façon de vivre et en plus elle chantait.Elle avait un timbre clair et je la qualifie de soprano léger. Comme elle était un peu sourde elle était deux fois plus attentive et retenait par coeur la plupart des succès de la radio que ma soeur et moi recopions dans des cahiers. J'ai relaté ces souvenirs d'enfance en 2004 dans " UNE FILLE DE LA VAROCE" vendu sur alapage et la Fnac pour un peu plus de 10 euros. Ce n'était pas pour faire fortune (l'auteur touche 10% et il doit les réclamer à l'éditeur) ni pour décrocher un prix littéraire. C'était avant tout un travail de deuil. Ensuite, en 2006, j'ai publié un ouvrage présentant RIANTE VALLEE, le journal scolaire des enfants de l'école de 1948 à 1952. Les enfants, rédigeaient, imprimaient, lettre par lettre, et illustraient le journal de linogravures.Les textes présentent la vie quotidienne du village à cette époque. J'ai ajouté les témoignages de ces élèves devenus grands-parents. (En 52 je n'avais que 6ans et j'arrivais au moment où l'instituteur devait s'occuper d'un CP important à cause du baby boom de l'après guerre. Il a dû arrêter le journal pour s'occuper du CP. )Tous gardent des souvenirs précis de ce journal dont ils étaient fiers. L'instituteur est toujours vivant et nous échangeons des livres. L'an dernier j'ai terminé un petit travail sur François Boyer ( 1920- 2004) écrivain ( 6 romans)scénariste,dialoguiste( une trentaine de films) et auteur d'une pièce de théâtre originaire de Sézanne et que tout le monde connaît sans le savoir :JEUX INTERDITS, c'est lui et le scénario et les dialogues de LA GUERRE DES BOUTONS c'est lui aussi : " si j'aurais su ..." . Mon sera peut-être publié à l'échelon local. J'ai analysé l'oeuvre et un collègue s'occupe de la biographie et des illustrations.
Maintenant je suis plongée dans le bilan de mon village natal au XX° siècle que j'ai dû quitter à l'adolescence pour entrer à l'internat. Malgré les cancans et les rivalités je suis demeurée très attachée à ce village qui est resté dans ma mémoire comme une communauté qui vous porte et vous soutient dans les épreuves. Gravement malade à l'adolescence,les marques de sympathie et de générosité de tout le village ont laissé une empreinte que je n'oublie pas. J'envisage de regrouper mes notes par thèmes et il faudra ajouter des anecdotes, des témoiganges et des illustrations.
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