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 Muriel Barbery

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coline

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MessageSujet: Muriel Barbery   Ven 5 Jan - 22:41

L’ELEGANCE DU HERISSON

Madame Michel est concierge du 7 rue de Grenelle à Paris, un hôtel particulier habité par des familles de la haute bourgeoisie.

Elle se présente ainsi :
"Je m'appelle Renée, j'ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j'ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l'image que l'on se fait des concierges qu'il ne viendrait à l'idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants. »

Il faut dire que Renée Michel est mélomane, cinéphile, qu’elle adore la peinture, qu’elle lit beaucoup (notamment Tolstoï). Qu’elle est capable de réfuter la phénoménologie de Husserl…
Mais elle cache son érudition et s’est composé un personnage de concierge conforme à l’image que s’en font les occupants de son immeuble. Les chaussons Scholl, la télévision en marche toute la journée, le chat (il s’appelle Léon par amour de Tolstoï)…
Elle réussit d’ailleurs fort bien à passer presque inaperçue dans cet immeuble où on ne s’adresse à elle que pour accomplir des tâches.
Elle, observe et radiographie même, la micro-société qui vit autour d’elle. Avec une grande finesse, un bon sens remarquable et un humour à toute épreuve.

Dans cet immeuble vit une adolescente très douée qui parle ainsi :
« Je m'appelle Paloma, j'ai douze ans, j'habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c'est le bocal à poissons, la vacuité et l'ineptie de l'existence adulte. Comment est-ce que je le sais? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C'est pour ça que j'ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai. "

Madame Michel et Paloma, au fur et à mesure que certains événements vont se produire dans l'immeuble où elles habitent, vont peu à peu sortir de leur solitude, se transformer, se métamorphoser, renaître.
Notamment à l’arrivée dans l’immeuble d’un riche japonais, Monsieur Ozu (lointain parent du cinéaste que la concierge admire).

C’est un roman plein d’humanité, intelligent, érudit, drôle, émouvant, très bien écrit. Quelle belle idée que d’avoir inventé le personnage de Madame Michel pour dénoncer de façon originale les préjugés, les stéréotypes et les idées reçues.Tellement profond et tellement léger.

« J’ai pris énormément de plaisir, dit Muriel Barbery, au travers des voix des deux héroïnes, à transcrire mon amour pour les plaisirs du quotidien, pour l'Art, pour le Japon, pour certains êtres, pour la rencontre entre ces êtres, pour certaines émotions esthétiques. Il me semble que c'est à cela que j'ai pris le plus de plaisir et que c'est ce qui me tenait le plus à coeur. »

Un vrai régal ce livre! Wink
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coline

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MessageSujet: Re: Muriel Barbery   Lun 8 Jan - 23:19

Une gourmandise

Je ne suis pas aussi enthousiaste pour ce livre que pour L'élégance du hérisson...
Ce qui m'aura surtout plu dans celui-ci, c'est le style Barbery...l'élégance de son écriture justement, sa sensualité et sa précision.
Quant au sujet, je le trouve un peu rébarbatif...Une nouvelle m'aurait suffit...et pourtant ce livre n'est pas très long...
Un ponte de la gastronomie se meurt, le plus grand critique culinaire du monde...Il se souvient...de tout... sauf d'une saveur qu'il veut absolument retrouver avant de mourir...

Extrait:
"Surtout il y avait le tilleul, immense et dévorant...Aux heures les plus chaudes de l'été, son ombrage importun offrait la plus odorante des tonnelles. Je m'asseyais sur le petit banc de bois vermoulu, contre le tronc, et j'aspirais à grandes goulées avides l'odeur de miel pur et velouté qui s'échappait de ses fleurs d'or pâle. Un tilleul qui embaume dans la fin du jour, c'est un ravissement qui s'imprime en nous de manière indélébile et, au creux de notre joie d'exister, trace un sillon de bonheur que la douceur d'un soir de juillet à elle seule ne saurait expliquer. A humer à pleins poumons, dans mon souvenir, un parfum qui n'a plus effleuré mes narines depuis longtemps déjà, j'ai compris enfin ce qui en faisait l'arôme; c'est la connivence du miel eyt de l'odeur si particulière qu'ont les feuillesdes arbres, lorsqu'il a fait chaud longtemps et qu'elles sont empreintes de la poussière des beaux jours, qui provoque ce sentiment, absurde mais sublime, que nous buvons dans l'air un concentré de l'été."
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coline

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MessageSujet: Re: Muriel Barbery   Lun 8 Jan - 23:20

Une gourmandise

Je me sens un peu coupable de n'avoir pas louangé ce roman qui, pourtant, n'est pas dénué d'intérêt...Et surtout dont le talent de l'auteur est évident...
Ce n'était peut-être pas le livre à choisir de lire juste après les agappes de fin d'année...

Un autre extrait révélateur de ce que l'on peut y lire, presque à chaque page, à propos d'une saveur ou d'une autre...
Si vous connaissez les jardins, le bonheur de croquer dans les fruits que l'on vient de cueillir, prenez le temps de lire cet hymne à la tomate!

"La tomate, pourtant, je la connaissais depuis toujours depuis le jardin de Tante Marthe, depuis l'été qui gorge la petite excroissance chétive d'un soleil de plus en plus ardent, depuis la déchirure qu'y faisait mes dents pour asperger ma langue d'un jus généreux, tiède et riche que la fraîcheur des réfrigérateurs, l'affront des vinaigres et la fausse noblesse de l'huile masquent en sa générosité essentielle. Sucre, eau, fruit, pulpe, liquide ou solide? La tomate crue, dévorée dans le jardin sitôt récoltée, c'est la corne d'abondance des sensationssimples, une cascade qui essaime dans la bouche et en réunit tous les plaisirs. La résistance de la peau tendue, juste un peu, juste assez, le fondant des tissus, de cette liqueur pépineuse qui s'écoule au coin des lèvres et qu'on essuie sans crainte d'en tacher ses doigts, cette petite boule charnue qui déverse en nous des torrentsde nature: voilà la tomate, voilà l'aventure."
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coline

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MessageSujet: Re: Muriel Barbery   Lun 8 Jan - 23:21

Une gourmandise

La dédicace de l'auteur:
"Aussi loin que remontent mes souvenirs, j'ai toujours aimé les mets et les mots. Toute "Une Gourmandise" tient dans ce constat et navigue entre trois mondes, trois plaisirs : celui de l'enfance et de la jouissance douce-amère que j'éprouve à me souvenir de ces temps perdus, celui de la table et de ma délectation sans cesse recommencée à déguster ou à dévorer, celui des mots et de la magie de la langue, qui rendent vivant ce qui n'est plus et restituent des plaisirs dont l'objet s'est depuis longtemps envolé... Dresser le portrait d'un vieux critique gastronomique perdu dans ses souvenirs d'enfance, à la recherche d'une saveur perdue, c'était renouer avec ces trois mondes et les relier tout naturellement entre eux... En même temps, je n'avais pas envie d'un récit idyllique, oscillant entre enfance féerique et agapes d'anthologie ; le critique en est tout naturellement devenu odieux, dur et aveugle à lui-même - et a posteriori, je dois bien avouer que ça aussi, c'était délectable, de prendre la voix d'un homme qui dit brutalement ses désirs et ses dégoûts, sans la moindre concession, sans honte ni remords, sans même éprouver le besoin de se justifier - fantasme secret, monstrueux, mais ô combien jubilatoire ! "(Muriel Barbery)
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Lulu



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MessageSujet: Re: Muriel Barbery   Lun 8 Jan - 23:43

Je n'avais pas vu ton message Coline.
Il se trouve que je l'ai acheté vendredi. Il fait partie de mes prochaines lectures.
Merci pour cet avant-goût.
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coline

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MessageSujet: Re: Muriel Barbery   Mer 10 Jan - 0:21

Lequel des deux as-tu acheté?
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Lulu



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MessageSujet: Re: Muriel Barbery   Mer 10 Jan - 7:48

Etourdie que je suis !
L'élégance du hérisson.
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coline

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MessageSujet: Re: Muriel Barbery   Mer 10 Jan - 22:45

tantepim a écrit:
Etourdie que je suis !
L'élégance du hérisson.

Excellent choix!... Wink
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