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  Le vieux château des Ardennes. Chanson de Cazotte.

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Charpentier Hélène



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Date d'inscription : 28/01/2008

MessageSujet: Le vieux château des Ardennes. Chanson de Cazotte.   Mar 17 Mai - 7:33

Une amie d'enfance de Cazotte était devenue nourrice du premier petit fils de Louis XV. Elle demanda à Cazotte de composer une berceuse pour endormir l'enfant. Cazotte écrivit les parole. Pour la musique, il était très fréquent à cette époque de chanter " sur l'air de..." Cette berceuse eu un grand succès de bouche à oreille, se répandit dans les autres classes sociales et jusqu'au XIX° siècle, on la chantait en l'accompagnant de bruits de chaînes, en tapant sur des casseroles et en claquant des portes.

LE VIEUX CHÂTEAU DES ARDENNES OU LE REVEIL D'ENGUERRAND.

Paroles de Cazotte.


Tout au beau milieu des Ardennes
Est un château sur le haut d'un rocher,
Où fantômes sont par centaines,
Les voyageurs n'osent s'en approcher :
Dessous ses tours
Sont nichés les vautours,
Les oiseaux de malheur.


Refrain : hélas ! Ma bonne hélas ! Que j'ai grand ‘peur.


Tout à l'entour de ses murailles,
On y entend les loups garous hurler ;
On entend traîner des ferrailles,
On voit des feux, on voit du sang couler,
Tout à la fois
De très sinistres voix
Qui vous glacent le cœur.


Sire Enguerrand venait d'Espagne,
Passant par-là, cuidait se délasser ;
Il monte en haut de la montagne :
Faites mon lit ; je veux me reposer.
Beau cavalier,
Restez en étrier ;
Vous mourriez de frayeur.

Par-là sembleu, par-là cent diable !
Me prenez- vous pour un jeune écolier ?
Faites du feu, dressez la table ;
Nous les verrons
Tous ces esprits félons
Qui font tant de frayeur.

Bonsoir, vous dis, mon capitaine,
Tenez-vous bien ferme sur l’oreiller.
De moi ne soyez point en peine,
Le Diable y soit, j’ose le défier.
Monsieur, Tout doux !
D’aussi fermes que vous
Y ont manqué de cœur.

Vers minuit, voilà grand tapage,
Tout le château commence à s’ébranler ;
On entend des cris pleins de rage,
Tous les enfers semblent se rassembler.
Quels hurlements !
Quels grincements de dents !
Que de cris, que d’horreurs !

Tout à coup par la cheminée,
On voit et têtes et cornes tomber ;
Des pieds des mains, une nuée
Sur les parois, partout semblent flamber.
En même temps,
Des portes les battants
S’ouvrent avec rumeur.

Un démon de figure hideuse
Etait traîné par cent diables affreux ;
Sa bouche était tout écumeuse,
Le plomb fondu lui découlait des yeux ;
Et ses cheveux,
Tout embrasés de feux
S’hérissaient de douleur.

Sur ses épaules déchirées
Les démons fouettaient à coup redoublés ;
Les fouets dont leurs mains sont armées
Sont des serpents des plus envenimés
Il veut crier ;
Un crapaud, du gosier
Lui sort avec clameur.

Une ombre tout échevelée
Va, lui plongeant un poignard dans le cœur.
Avec une épaisse fumée
Le sang en sort, si noir qu’il fit horreur ;
Avec éclat
Criant : meurs scélérat !
Expie ta fureur !

Malheureuse âme réprouvée,
Dit Enguerrand en élevant la voix :
Qui t’amène en cette contrée ?
De par le Ciel, écoute et réponds moi…
En soupirant,
L’ombre au même moment
Lui répondit : monsieur,

Le Comte Anselme était mon père,
Prince il était de tous les alentours
Belle j’étais, j’en étais fière ;
Sage j’étais, je l’eusse été toujours.
De mes beaux yeux
Las ! Ce monstre odieux,
S’éprit pour mon malheur.

De prêtre il n’avait que la mine
Et de mon père il était aumônier.
Au lieu de prêcher la doctrine
Qu’à des chrétiens il devait enseigner
Ne faisait rien
Que penser au moyen
De m’enlever l’honneur.

Tous les matins à l’aventure
J’allais au bois pour y prendre le frais ;
Dans le cristal d’une onde pure
Je me plaisais à mirer mes attraits ;
Nulle beauté,
Disait ma vanité,
Ne m’égale en splendeur.


Son âme au désespoir livrée,
Pour obtenir l’objet de son ardeur,
Va sur une route croisée
Pour se donner au père de l’erreur.
Et le démon
Lui octroya le don
De ravir une fleur.

Là, tout près d’une fontaine,
Certaine rose aux yeux faisait plaisir ;
Fraîche brillante, éclose à peine,
Tout paraissait induire à la cueillir ;
Il vous semblait
Las ! Qu’elle répandait
La plus aimable odeur.

J’en veux orner ma chevelure
Pour ajouter plus d’éclat à mon teint ;
Je ne sais quoi, contre nature,
Me repoussait quand j’y portais la main.
Mon cœur battait
Et en battant disait :
Le Diable est sous la fleur !

A peine en étais-je la maîtresse,
Comment pourrais-je en faire le récit ?
Je me sens tomber en faiblesse ;
Le malheureux son dessein accomplit :
Et puis le sort
Fait que, sans nul remords,
J’en goûtai la douceur.

Revenant à moi : vas infâme,
Tu m’as perdue ! Ah lâche, tu mourras !
Alors de courroux il s’enflamme,
Et le démon le poussait par le bras ;
D’un œil hagard
Il tire un grand poignard
Et me perce le cœur.


Pour dérober ce crime énorme,
Il veut, aidé du secours de Satan
Faire une fosse au pied d’un orme,
Mais aussitôt elle s’emplit de sang ;
Qui contre lui
Se tourne et rejaillit
D’une grande fureur.

Il veut aller à la fontaine,
Pour effacer la trace de ce sang ;
Mais le méchant perdit perdait sa peine,
Plus il frottait, plus la tache s’étend.
Puis dans le bois
De mon père la voix
Redouble sa terreur.

Où m’enfuirais-je ? Misérable !
Pour m’engloutir, abîme entrouvre toi.
D’un air officieux, le Diable
Se change en bouc : monte, dit-il, sur moi,
Et ne crains rien ;
Viens, mon cher ami, viens,
Fidèle serviteur.

Il monte ; et, sans qu’il s’en étonne
Il sent sous lui le diable détaler ;
Sur son chemin l’air s’empoisonne
Et le terrain sous lui semble brûler.
En un instant
Il le plonge vivant
Au séjour de la douleur.

Enfin l’ombre parlait encore,
Quand par hasard dit notre chevalier :
Mon bon Jésus, je vous adore ;
Et de croix commence à se signer.
A ce seul nom
Les suivants du démon
Se sauvent pleins d’horreur.







MORALITE


Apprenez par ceci, Mesdames,
A ne pas croire à votre vanité
Et si vous courtisez les femmes,
Retenez cette moralité :
Qu’il ne faut pas
Du traître Satanas
Invoquer la faveur.

Au refrain.
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