FAST FOOD NATIONDe
Richard LinklaterCe film est tiré d’un best-seller américain portant le même titre et écrit par
Eric Schlosser. Le point de départ de ce livre : un reportage d’investigation sur l’industrie américaine du fast-food que Schlosser avait effectué pour le Magazine Rolling Stone.
Ce qui était un article va devenir un le livre, publié en 2001, qui a été pendant deux ans dans la liste des best-sellers aux USA, Canada, Royaume Uni, Japon. Il a été traduit en plus de vingt langues.
Schlosser a refusé toutes les propositions des chaînes de télévision qui voulaient bâtir des documentaires à partir de son livre. Il manquait de confiance dans les télés ou les studios qui étaient derrière ces projets. Il craignait la trahison.
Il va opter en toute indépendance pour une fiction réalisée par
Richard Linklater, entièrement basée sur les éléments réels du livre.
«
Nous voulions des personnages représentant l’intégralité de l’industrie du fast food : les enfants qui travaillent, les ouvriers qui sont employés dans les usines de conditionnement de la viande, la communauté des ranches et un cadre d’entreprise de fast food de sorte que tous les points de vue soient représentés. »
Linklater et Schlosser inventent une chaîne de fast-food Michey’s et l’UMP, une usine d’abattage d’animaux et d’emballage de viande.
Le film est très imparfait mais il est captivant et atteint son but en dénonçant:
-la mécanisation et la standardisation de l’industrie du fast-food
- la médiocrité des conditions de travail des employés dans les usines (les chaînes de restauration détiennent le record du plus grand nombre d’employés à bas salaires. Leurs employés sont souvent non qualifiés : émigrants , clandestins pour la plupart, étudiants. Tous travaillent dans des conditions dangereuses.
-l’élevage en batterie du bétail et des volailles
- les difficultés du monde agricole face à l’économie imposée par les géants du fast-food
Il n’oublie pas non plus d’évoquer les dangers sanitaires auxquels s’exposent les consommateurs de cette viande de qualité douteuse (aromatisée aux exhausteurs de goût chimiques… et pouvant contenir parfois même une proportion de matières fécales !).
J’aime bien la critique des
Cahiers du Cinéma :
« Agréable surprise que cette adaptation light d'un essai anti-malbouffe aux allures de Charlie et la chocolaterie gore (...) »
(Charlotte Garson)
C'est tout à fait ça!
