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  Subtilités à la Mérimée.

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Charpentier Hélène



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Date d'inscription : 28/01/2008

MessageSujet: Subtilités à la Mérimée.   Ven 17 Fév - 8:46

Prosper Mérimée, auteur de la célèbre dictée du diner à" Sainte- Adresse près du havre où l'on respire les effluves embaumés de la mer malgré les vins de très bons crus, les cuisseaux de veaux et les cuissots de chevreuil prodigués par l'amphitryon " aurait pu ajouter ces subtilités au festin entre le café et la promenade digestive.




Voici quelques subtilités que seuls les initiés vont apprécier !
Se put-il que déjà vous le sûtes ?

Par exemple, le pluriel des jours de la semaine ?Doit-on mettre la marque du pluriel aux jours de la semaine ?
Tout bon commerçant s'est un jour posé cette question.
Eh bien oui ! Lundi, mardi etc.. sont des noms communs soumis aux mêmes règles d'accord que les autres
noms communs.
On écrit : tous les lundis et tous les dimanches .
Sauf que, vous vous doutez bien que ça ne peut pas être aussi simple... Lorsque ce même jour est suivi par > une description de temps, la semaine par exemple, il faut compter le nombre de ces jours dans cet intervalle de temps. > Dans une semaine, il n'y a qu'un seul lundi et on écrit donc : tous les lundi de chaque semaine. Vous suivez toujours ?
Donc si on passe au mois, il y a cette fois plusieurs jours qui sont un lundi dans un mois et on écrit donc : La réunion a lieu les premier et troisième lundis de chaque mois. Au passage, vous remarquerez que
premier et troisième sont au singulier puisqu'il n'y a qu'un premier et un troisième dans un mois. Mais les deux ensemble
sont un pluriel.
C'est dans ce même ordre d'idée qu'on écrit : tous les dimanches matin et tous les mardi soir de chaque
semaine.
Dans le premier cas, matin est au singulier car il n'y a qu'un seul matin dans une journée par contre il y a
plusieurs dimanches.
Dans le deuxième cas, il n'y a qu'un seul mardi dans la semaine d'où le singulier et il n'y a toujours qu'un seul
soir dans un mardi.
Vous faillites ne point lire ces subtilités de la langue française.
Ce jour vous le pûtes !
Ouf......


Avec deux mots identiques, on fait deux choses différentes.
Facile à comprendre pourquoi certains enfants du primaire (et même du secondaire) font des erreurs... surtout s'ils ne
comprennent pas trop le texte écrit !
Il faut beaucoup de concentration !
Voici une petite chronique sur notre langue française. Personne ne pousse l'illogisme aussi loin que nous : c'est
presque de la démence !
Voici des phrases, pourtant bien « françaises » :
— Nous portions nos portions.
— Les poules du couvent couvent.
— Mes fils ont cassé mes fils.
— Il est de l'est.
— Je vis ces vis.
— Cet homme est fier ; peut-on s'y fier ?> — Nous éditions de belles éditions.
— Nous relations ces intéressantes relations.
— Je suis content qu'ils nous content cette histoire.
— Il convient qu'ils convient leurs amis.
— Ils ont un caractère violent et ils violent leurs promesses.
— Ces dames se parent de fleurs pour leur parent.
— Ils expédient leurs lettres ; c'est un bon expédient.
— Nos intentions c'est que nous intentions un procès.
— Ils négligent leur devoir ; moi, je suis moins négligent.
— Nous objections beaucoup de choses à vos objections.
— Ils résident à Paris chez le résident d'une ambassade étrangère.
— Ces cuisiniers excellent à composer cet excellent plat.
— Les poissons affluent d'un affluent de la rivière.— etc., etc.
Il y a, en effet, de quoi perdre la tête !

Qu'il me soit permis de nuancer le jugement hâtif évoquant l'illogisme et la démence. En fait, il n'y a pas à juger mais à s'interroger pour essayer de comprendre au lieu de condamner ou chercher à piéger, pour ne pas dire humilier.
Un érudit en étymologie, lexicologie et philologie , bref un historien de la langue serait en mesure de donner une explication à cette série d'homonymes. L'origine de deux mots identiques est parfois différente et il faut savoir qu'au fil des siècles, le peuple qui ne va pas nécessairement à l'école pour apprendre à lire, écrire, conjuguer et compter, répète ce qu'il entend et croit avoir compris en déformant l'articulation, ou en le confondant avec un mot qui lui ressemble. L'histoire des mots, l'évolution de leur prononciation, orthographe et surtout de leur sens qui se modifie est une histoire passionnante. Par exemple le travail était un instrument de torture, navrer signifiait blesse gravement sur le plan physique, le bureau avant de désigner la pièce où l'on s'installe pour écrire, compter ou recevoir a d'abord désigné l'étoffe de laine, appelée bure avec laquelle on recouvrait une table devenue le bureau...
Quand j'étais au CM2, l'instituteur nous donnait des exercices sur les familles de mots pour nous inviter à chercher et à réfléchir. Des années plus tard quand j'ai repris des études de lettres, j'ai découvert l'évolution phonétique des mots, oculus devenant œil par exemple mais dont l'origine subsiste dans oculiste ou oculaire parce qu'en latin la fonction d'un mot dans un phrase ne se repère pas à sa place dans la phrase mais à sa terminaison et cette terminaison composée de voyelles et consonnes résiste plus ou moins à une déformation de la prononciation.
Il existe un ouvrage très très clair et passionnant sur l'histoire des mots, accessible à nos potaches et au grand public.
Les Mots français dans l'histoire et dans la vie de Georges Gougenheim, publié chez Picard en 1972, 4° édition.


Dernière édition par Charpentier Hélène le Ven 17 Fév - 12:45, édité 1 fois
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Guardian

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MessageSujet: Re: Subtilités à la Mérimée.   Ven 17 Fév - 11:36

Merci

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[Michel Audiard]

Pour être brillant aux échecs, faut pas être mat cheers

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